Le CRTC a amorcé mardi d'importantes audiences sur l'avenir de la télévision et de la câblodistribution canadiennes, notamment sur l'accès aux revenus d'abonnement au câble et, plus largement, sur le nouvel environnement médiatique dans lequel ces services évoluent.
Il s'agit du premier examen global des entreprises de distribution de radiodiffusion, ainsi que des chaînes facultatives depuis 1993, a indiqué le président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), Konrad von Finckenstein, dans son allocution d'ouverture.
Actuellement, les entreprises qui distribuent les signaux doivent verser des redevances d'abonnement aux chaînes de télévision spécialisées. Les chaînes généralistes revendiquent l'accès à ces revenus d'abonnement depuis des années, au nom de l'équité.
En 2006, les revenus d'abonnement constituaient la principale source de revenus des chaînes facultatives, représentant 63 pour cent de leurs revenus totaux, indique-t-on dans les documents d'archives du CRTC.
Les chaînes généralistes font valoir que ce sont elles qui font les bulletins d'information et les grandes séries, qui sont coûteux à réaliser, et qui ont des stations régionales à maintenir. Les chaînes spécialisées arguent, de leur côté, qu'elles ne font pas le poids face aux grands réseaux et plaident pour la diversité des voix qu'elles apportent.
Le vice-président des services français de Radio-Canada, Sylvain Lafrance, a plaidé encore une fois pour que toutes les télévisions généralistes, et non seulement les généralistes privées, aient droit à ces revenus d'abonnement du câble. "À long terme, la survie des (télévisions) conventionnelles tient là-dessus, parce que le marché publicitaire s'effrite, qu'il y a de plus en plus de fragmentation (des auditoires). Et le jour où il n'y aura plus de conventionnelles, il n'y aura plus de télévisions pour lancer des grandes séries dramatiques, pour faire des grands bulletins d'information, pour soutenir des stations régionales. Et le jour où on n'aura plus ça, on aura énormément de quantités de chaînes, mais peu de qualité en télévision", a soutenu M. Lafrance.
Rogers Communications, de son côté, a carrément qualifié de taxe déguisée cette idée de donner accès aux chaînes généralistes aux revenus d'abonnement au câble. Ses dirigeants ont reproché aux télés généralistes de vouloir ainsi s'accrocher aux subventions.
Les clients du câble devraient nécessairement payer plus cher pour que ces chaînes généralistes aient aussi accès aux revenus d'abonnement, et les abonnés du câble refuseront de payer davantage sans avoir des services supplémentaires, ont plaidé les dirigeants de Rogers.
De façon générale, le CRTC est favorable à une simplification de la réglementation. Il l'a d'ailleurs fait savoir dans son avis d'audience publique. "Il est temps de délaisser la réglementation détaillée actuelle et d'adopter une nouvelle approche dynamique à l'égard des entreprises de distribution et des services de programmation facultatifs. Cette approche, qui doit chercher à réduire la réglementation au strict minimum, tout en assurant la poursuite des objectifs de la loi, doit se fier le plus possible aux forces du marché."