Le Canada va connaître deux années de faible croissance économique à cause de la crise que traverse actuellement le secteur immobilier américain et du ralentissement de la croissance économique mondiale, a affirmé mercredi le Fonds monétaire international (FMI).
Les problèmes économiques des États-Unis, qui vont plonger le pays dans une légère récession en 2008, exercent un impact sur les économies les plus développées tout en mettant en péril les progrès réalisés par l'économie mondiale, a précisé l'organisme international.
Dans son édition d'avril des "Perspectives de l'économie mondiale" publiée mercredi, l'institution prévoit pour le Canada une croissance de 1,3 pour cent cette année, soit moins de la moitié du résultat de 2,7 pour cent calculé pour 2007. En 2006, la croissance économique canadienne avait été de 2,8 pour cent.
Pour 2009, le FMI prévoit une croissance économique de 1,9 pour cent au Canada.
"Les services du FMI évaluent aujourd'hui à 25 pour cent la probabilité d'un ralentissement de la croissance mondiale à trois pour cent ou moins en 2008 et en 2009, ce qui équivaudrait à une récession mondiale", a écrit le FMI dans son rapport.
Pour l'ensemble de l'économie mondiale, le FMI prévoit une croissance de 3,7 pour cent cette année, en baisse par rapport à celle de 4,9 pour cent enregistrée l'an dernier.
Pour 2009, la croissance mondiale devrait être de 3,8 pour cent, selon l'institution financière internationale.
En comparaison, le FMI dit s'attendre à une croissance de 0,5 pour cent cette année et de 0,6 pour cent en 2009 aux États-Unis. La croissance y avait été de 2,2 pour cent en 2007, et de 2,9 pour cent l'année précédente.
Les pays émergents et ceux en développement ont été moins touchés jusqu'à présent par les turbulences financières et ont continué d'enregistrer une croissance rapide, avec la Chine et l'Inde comme moteurs, bien que l'activité commence à ralentir dans certains pays, observe par ailleurs l'organisme.
Il ne fait aucun doute que les problèmes actuels de l'économie mondiale ont pour point d'origine les États-Unis, où des pratiques bancaires suspectes ont provoqué une crise au sein du secteur immobilier, une réduction de la richesse des propriétaires ainsi qu'une crise des marchés financiers ayant affecté les économies les plus développées.
"Le choc financier qui s'est produit en août 2007, alors que le marché américain des prêts hypothécaires à risque était secoué par le retournement de l'envolée des prix immobiliers, s'est propagé rapidement et de manière imprévisible pour infliger de lourdes pertes aux marchés et aux institutions au coeur du système financier", a écrit le FMI.