Les salariés du quotidien français Le Monde ont observé lundi un mouvement de grève sans précédent dans l'histoire du journal, qui s'est accompagné de la non-parution de la publication.
Réunis en assemblée générale, ils ont exigé que les 130 suppressions d'emploi prévues par la direction, dont les deux tiers à la rédaction, aient lieu uniquement sur la base du volontariat et demandé l'abandon du projet de cession d'entités du pôle magazine. Par 251 voix pour, quatre abstentions et zéro voix contre, ils ont voté une motion dans laquelle ils mandatent l'intersyndicale pour "négocier un nouveau plan de redressement".
L'appel à une grève avait été lancé par l'intersyndicale suite au plan de redressement 2008-2010 présenté par la direction qui prévoit notamment 130 suppressions d'emploi à la SEM (Société éditrice du Monde), dont les deux tiers à la rédaction, par le biais d'une procédure de départs "volontaires" et "contraints", ainsi que la vente des entités "déficitaires ou non stratégiques" (Fleurus Presse, Éditions de l'Étoile, Danser, La Procure).
Le projet, misant sur "une économie structurelle minimum de 15 millions d'euros sur deux ans", a été exposé par le directoire "sous réserve de la consultation préalable des instances représentatives du personnel". Un comité d'entreprise doit avoir lieu ce mardi.
"Nous demandons l'ouverture de négociations sur un nouveau plan dont une partie ne pourrait concerner des départs que sur la base du volontariat", a souligné lundi Michel Delberghe, de la CFDT. "Il est en l'état pas acceptable ni admissible (...) qu'on laisse la direction mettre en oeuvre des départs contraints sur des bases qui ne sont pas définies et qui pourraient être liées à un plan d'organisation, qui là aussi mérite sérieusement d'être négocié, et discuté", a-t-il dénoncé.
C'était la première fois que les salariés du Monde observaient un arrêt de travail depuis 1976, mais la première fois qu'il y ait grève et non-parution depuis la naissance du journal pour des problèmes purement internes.

© La Presse Canadienne, 2012