Le titre du fabricant de chaussures américain Crocs a été matraqué mardi sur le Nasdaq, où il a retraité de 7,68 $ US, soit plus de 43 pour cent de sa valeur, pour clôturer à 10,11 $ US.
Crocs a annoncé lundi la fermeture de son usine de Québec, envoyant au chômage 669 personnes. Deux cent soixante-deux personnes avaient été affectées par des mises à pied au cours des derniers mois. Quatre cent sept autres personnes perdront leur emploi d'ici la fin du mois de juillet 2008.
L'entreprise a indiqué par voie de communiqué que "cette difficile décision est liée aux coûts de production trop élevés au Canada" et que la production canadienne sera transférée dans l'une des sept usines existantes proposant une plus grande capacité de production, qui se trouvent dans des pays comme le Mexique, le Vietnam et le Brésil où les salaires sont nettement moins élevés.
Crocs compte par contre agrandir sa boutique du Vieux-Québec et inaugurer plusieurs nouvelles boutiques au Canada d'ici la fin de l'année.
Le ministre du Développement économique Raymond Bachand a reconnu son impuissance face à la fermeture de l'usine, voyant dans cette affaire "un beau cas de capitalisme sauvage".
M. Bachand a affirmé que la décision de l'entreprise américaine était inacceptable, laissant peu d'espoir quant aux recours dont dispose le gouvernement pour empêcher la fermeture de l'installation, qui fabriquait notamment des sandales multicolores en plastique moulé vendues dans plusieurs pays.
Le ministre de la Santé et responsable de la région de la capitale, Philippe Couillard, a quant à lui affirmé que le gouvernement allait être actif afin de soutenir les employés et favoriser leur réintégration au marché du travail.
Les licenciements annoncés lundi avaient été précédés d'une première vague de 260 mises à pied temporaires, en février.
Le ministère du Dévelopement économique avait alors offert son aide pour d'éventuels projets de modernisation ou de recherche et développement, mais n'a reçu aucune réponse de l'entreprise, a affirmé M. Bachand.
Selon lui, la société avait des problèmes de stocks et elle a souhaité envoyer un signal aux investisseurs en décrétant la fermeture de l'usine québécoise, qui appartient à sa filiale Crocs Canada.
"Crocs Québec représente à peu près quatre pour cent de leur production mondiale, a-t-il dit. Ils voulaient donner un signal au marché qu'ils faisaient quelque chose puis ils ont 'flushé' le Québec."
Le ministre de l'Emploi, Sam Hamad, a de son côté déclaré qu'il allait rencontrer le syndicat des employés bientôt, évoquant la possibilité qu'un comité de reclassement permette aux employés de se trouver un autre emploi.
Prévisions à la baisse
Le cofondateur de Créations Foam, Andrew Reddyhoff, continuera de travailler à Québec.
M. Reddyhoff et sa conjointe, Marie-Claude de Billy, sont à l'origine du procédé qui permet de fabriquer les sandales en plastique moulé, ainsi que d'autres produits comme des sièges de kayak.
En 2004, leur entreprise a été achetée par des investisseurs américains, qui ont ensuite développé la production et la distribution des produits.
En annonçant la fermeture, lundi, Crocs a revu à la baisse ses prédictions du premier trimestre. Elle prévoit maintenant une perte de 5 cents US par action, ou au mieux un résultat nul, soit nettement moins que sa prévision initiale d'un bénéfice de 46 cents US par action.
Crocs prédit des revenus d'environ 200 millions $ US au premier trimestre, contre les 225 millions $ US annoncés précédemment. Elle prévoit une hausse de ses ventes d'environ 13 pour cent en Amérique du Nord, de 75 pour cent en Asie et de 90 pour cent en Europe.