Fermeture de l'usine Crocs à Québec: un cas de capitalisme sauvage selon Raymond Bachand
Le 15 avril 2008 - 23:59
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| Raymond Bachand |
Par Alexandre Robillard
Le ministre du Développement économique Raymond Bachand a reconnu son impuissance, mardi, face à la fermeture de l'usine fabriquant les sandales Crocs, à Québec, affirmant qu'il s'agissait d'un cas de capitalisme sauvage.
M. Bachand a affirmé que la décision de l'entreprise américaine, qui a annoncé lundi le licenciement de 670 employés d'ici juillet, était inacceptable.
"C'est un beau cas de capitalisme sauvage", a-t-il lâché lors d'une conférence de presse.
M. Bachand a laissé peu d'espoir quant aux recours dont dispose le gouvernement pour empêcher la fermeture de l'installation, qui fabriquait notamment des sandales multicolores en plastique moulé vendues dans plusieurs pays.
"L'entreprise ne nous appartient pas, on ne la nationalisera pas", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Les licenciements annoncés lundi avaient été précédés d'une première vague de 260 mises à pied temporaires, en février.
Le ministère du Dévelopement économique avait alors offert son aide pour d'éventuels projets de modernisation ou de recherche et développement, mais n'a reçu aucune réponse de l'entreprise, a affirmé M. Bachand.
Selon lui, la société, qui est cotée en Bourse aux États-Unis, avait des problèmes d'inventaire et elle a souhaité envoyer un signal aux investisseurs en décrétant la fermeture de l'usine Créations Foam, à Québec, qui appartient à sa filiale Crocs Canada.
"Crocs Québec représente à peu près quatre pour cent de leur production mondiale, a-t-il dit. Ils voulaient donner un signal au marché qu'ils faisaient quelque chose puis ils ont flushé le Québec. Alors, je n'ai pas grand espoir devant cette attitude."
Crocs inc. a indiqué lundi que 100 employés affectés aux services des ventes et du marketing conserveront leur poste, sur les 760 que comptait Créations Foam à Québec.
Le ministre de l'Emploi, Sam Hamad, a de son côté déclaré qu'il allait rencontrer le syndicat des employés bientôt.
M. Hamad a assuré que le gouvernement était toujours disposé à aider l'entreprise si elle change d'idée.
"Maintenant, à la limite, et je ne le souhaite pas, si l'entreprise décide de partir, c'est sûr qu'on ne l'attachera pas", a-t-il dit lors de la conférence de presse à laquelle M. Bachand participait aussi.
M. Hamad a évoqué la possibilité qu'un comité de reclassement permette aux employés de se trouver un autre emploi.
Plus tôt, mardi, le ministre de la Santé et responsable de la région de la capitale, Philippe Couillard, a indiqué que le gouvernement a peu d'emprise pour contrer la fermeture de l'usine.
"Il s'agit d'une décision d'affaires de l'entreprise sur laquelle le gouvernement a relativement peu d'emprise", a-t-il dit lors d'un point de presse.
Le directeur des communications du syndicat des Teamsters, Stéphane Lacroix, a estimé qu'il est prématuré de mettre sur pied un comité de reclassement.
Il ne perd pas espoir de pouvoir trouver un autre créneau dans lequel l'usine pourrait avoir de nouvelles activités.
"Nous on pense qu'il y a sûrement une solution pour sauver ces emplois-là ", a-t-il dit.
La production de Créations Foam, située dans le quartier Saint-Malo, à Québec, sera transférée à l'étranger dans les autres usines de Crocs qui sont situées au Brésil, au Mexique, en Roumanie et au Vietnam.
Le cofondateur de Créations Foam, Andrew Reddyhoff, continuera de travailler à Québec.
M. Reddyhoff et sa conjointe, Marie-Claude de Billy, sont à l'origine du procédé qui permet de fabriquer les sandales en plastique moulé, ainsi que d'autres produits comme des sièges de kayak.
En 2004, leur entreprise a été achetée par des investisseurs américains, qui ont ensuite développé la production et la distribution des produits.
En annonçant la fermeture, lundi, Crocs inc. a aussi revu à la baisse ses prévisions de rendement trimestriel.

© La Presse Canadienne, 2012

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