Par Rémi Nadeau
Le prix de l'essence à la pompe ayant fait un nouveau bond, Québec pourrait revenir à la charge avec un projet de loi visant à forcer les pétrolières à justifier les augmentations.
Le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, s'est montré ouvert à soumettre à nouveau le projet de loi 41, rejeté par l'opposition l'automne dernier.
La pièce législative prévoyait que les pétrolières soient obligées de fournir les motifs expliquant chaque hausse du carburant à la Régie de l'énergie.
"Si les deux oppositions sont prêtes à réfléchir à la question et à travailler, à la limite, à améliorer le projet de loi sur la transparence, moi, je ne suis pas fermé à ça", a déclaré le ministre, mercredi.
À Montréal, le litre d'essence ordinaire se vend 1,29 $, en hausse d'environ 0,07 $ par rapport au prix affiché en fin de journée, mardi.
"Le Parti québécois et l'Action démocratique devraient être assez gênés de ne pas pouvoir donner de réponses aux citoyens qui voient le prix de l'essence monter", a ajouté le ministre.
Il a fait remarquer que les prix avaient connu plusieurs fluctuations dans la région de Montréal depuis trois semaines, alors qu'ils ont été stables dans la région de Québec.
"C'est un phénomène qu'on ne peut présentement expliquer", a lancé le ministre en haussant les épaules.
Mardi, le prix du baril de pétrole a battu un nouveau record atteignant presque 114 $ US à New York, sur fond de baisse du cours de la devise américaine et d'inquiétudes grandissantes quant au niveau de la production mondiale.
Les courtiers ont notamment réagi à un rapport de l'Agence internationale de l'énergie selon lequel la production russe a diminué cette année pour la première fois en 10 ans.

© La Presse Canadienne, 2008