Les lignes de bataille de l'avenir de la télévision canadienne ont été tracées de façon claire, jeudi, alors que CTV et Global, deux rivaux luttant pour la suprématie des ondes, ont fait équipe devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes afin de réclamer davantage de fonds, tout en dénonçant les câblodistributeurs et les services de diffusion d'émissions de télévision par satellite.
Ivan Fecan, de CTVglobemedia, et Leonard Asper, de CanWest Global Communications (TSX:CGS) ont l'un et l'autre reconnu qu'ils formaient une curieuse équipe. Ils ont cependant expliqué qu'il leur fallait unir leurs forces en raison de l'importance des enjeux.
M. Fecan, chef de la direction de CTV, a indiqué que le résultat des audiences du CRTC aurait un impact profond sur "notre capacité commune à continuer de remplir nos engagements" en matière de contenu canadien.
Pour sa part, M. Asper, président de CanWest, a comparé la situation de son réseau à celle d'une grenouille assise dans un contenant d'eau approchant le point d'ébullition. Il a affirmé que le moment était venu pour les entreprises de distribution par câble et satellite de verser des redevances à CTV et Global pour leurs signaux.
M. Asper n'a pas pu résister à la tentation de lancer une flèche en direction des câblodistributeurs et services de diffusion par satellite tels que Rogers Communications (TSX:RCI.B) et Bell ExpressVu. Il leur a reproché de parler de concurrence, mais de chercher à éviter toute concurrence de sociétés étrangères, ajoutant que tout en réclamant une déréglementation, ils tiraient profit de la réglementation actuelle.

© La Presse Canadienne, 2008