Québec ne voulait pas intervenir à Kanesatake car il n'y avait pas assez de preuves
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| Jacques Dupuis |
Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a réagi ce jeudi aux révélations faites mercredi sur les décisions prises par Ottawa qui ont mené aux évènements violents de Kanesatake, en janvier 2004.
Selon le ministre Dupuis, Québec a refusé de participer à l'opération policière sur ce territoire, jugeant qu'il n'y avait pas de preuves assez solides pour confronter les opposants devant la justice. Il a affirmé que les objectifs de cette opération, voulue par le grand chef de l'époque James Gabriel, étaient louables, mais que la Sûreté du Québec jugeait les preuves apportées insuffisantes.
Ces réactions du ministre de la Sécurité publique font suite aux révélations faites hier par Radio-Canada. La télévision d'état rapportait alors que l'opération policière qui a mené, en janvier 2004 à Kanesatake, à la séquestration de policiers et à l'incendie de la maison de Gabriel, se serait déroulée malgré l'opposition de Québec.
Selon des documents obtenus grâce à la Loi sur l'accès à l'information, le gouvernement libéral minoritaire de Paul Martin était prêt à tout pour financer une opération policière que le chef Gabriel désirait mener contre le crime organisé sur le territoire mohawk. La SQ avait finalement été contrainte à intervenir contre son gré.
L'autre but de cette opération tant voulue par le gouvernement Martin aurait été d'appuyer James Gabriel, afin qu'il reste au pouvoir en tant que grand chef. Le fédéral craignait alors que les opposants à Gabriel, identifiés par Ottawa comme associés au crime organisé, ne reprennent les rennes de la réserve.
On connaît la suite: 57 policiers autochtones appelés dans la réserve par Gabriel ont été séquestrés dans la station de police et la maison du chef a été incendiée. Finalement, en juin 2005, c'est un opposant à James Gabriel, Steven Bonspille, qui a été élu grand chef.
La Sûreté du Québec doit encore faire des patrouilles sur le territoire de Kanesatake, ce qui coûte 300 000 $ par mois. Depuis janvier 2004, ce seraient 30 millions de dollars qui auraient été dépensés par Québec pour y assurer la sécurité. Le gouvernement Charest est en discussion avec Ottawa pour le paiement d'une partie de cette facture salée.

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