La population de Matapédia, en Gaspésie, vit des heures angoissantes depuis la crue soudaine de la rivière Restigouche, causée par un embâcle dans la nuit de vendredi à samedi. Plusieurs sous-sols et un commerce ont été inondés, tandis que 19 personnes ont été évacuées.
L'inquiétude est accentuée par le fait que l'intervention de l'aéroglisseur Sipu Muin, de la Garde côtière canadienne, nécessaire afin de défaire l'embâcle, n'est attendue au mieux qu'à la fin de l'après-midi dimanche, peut-être seulement lundi matin. D'ici là, le niveau de l'eau peut monter considérablement, si l'embâcle tient le coup.
Le commerçant Bernard Mill, qui dirige un comité de prévention depuis les grandes inondations de 1994, a vu samedi le sous-sol de ses immeubles inondé et l'eau atteindre un mètre dans sa station-service.
La Garde côtière possède deux aéroglisseurs, le Waban Aki et le Sipu Muin. Le Waban Aki a subi un bris mécanique le 11 avril, et il est immobilisé. Le Sipu Muin, selon Nathalie Letendre, des communications de la Garde côtière, a depuis été assigné à des tâches de déglaçage et de balisage.
Gilles Soucy, porte-parole de la Sécurité civile en Gaspésie, assure que la demande pour l'aéroglisseur était formulée depuis longtemps. Il précise qu'un retard possible de deux semaines avant l'arrivée du Sipu Muin avait été communiqué à la municipalité lors d'une réunion, le 4 avril.
Dix-sept retraités vivant dans la résidence du CLSC Malauze figurent parmi les personnes évacuées. Le train Chaleur de VIA Rail a stoppé sa route à Matapédia, en raison de l'immersion d'une partie de la voie ferrée à l'est de la gare.

© La Presse Canadienne, 2009