La Banque d'Angleterre a dévoilé lundi un vaste plan de soutien au secteur bancaire, destiné à enrayer la crise financière au Royaume-Uni. Les banques vont pouvoir échanger quelque 50 milliards de livres de titres adossés à des crédits hypothécaires contre des obligations du Trésor britannique.
Selon la banque centrale britannique, ce plan devrait permettre d'améliorer la liquidité du système bancaire, rétablir la confiance et favoriser les prêts entre banques, mutuellement méfiantes. Les échanges auront une durée d'un an et seront renouvelables jusqu'à trois ans.
Le gouverneur de la Banque d'Angleterre Mervyn King a précisé qu'il n'y a pas de "plafond arbitraire" et que les banques pourront procéder aux échanges même si la limite des 50 milliards de livres est dépassée.
"Le schéma spécial de liquidités de la Banque d'Angleterre a pour but d'améliorer la position de liquidités du système bancaire et d'augmenter la confiance dans les marchés financiers tout en faisant en sorte que le risque de pertes sur les prêts reste pour les banques", a ajouté M. King.
La banque propose ces échanges à partir de lundi, pour une durée de six mois. Les échanges ne seront possibles que pour les actifs qui existaient déjà fin 2007. La banque centrale britannique échangera des obligations d'État contre une gamme d'actifs de qualité élevée, notamment des titres notés AAA adossés à des crédits hypothécaires résidentiels britanniques et européens.
Le ministre des Finances Alistair Darling s'est félicité de cette mesure, de nature selon lui à soutenir l'économie. "Rétablir la confiance du marché financier renforcera le système financier et la stabilité de notre économie", a de son côté déclaré l'Association des banquiers britanniques.
Le plan de la banque centrale ne s'applique cependant pas directement à tous ceux qui ont souscrit des prêts immobiliers, a noté le directeur général du Conseil britannique du prêt immobilier. En février dernier, le gouvernement a nationalisé la banque Northern Rock, spécialiste du prêt immobilier en difficulté depuis plusieurs mois.
La banque britannique avait dû recourir à un prêt d'urgence de la Banque d'Angleterre le 14 septembre 2007 afin de continuer à financer ses opérations, les autres banques s'inquiétant des répercussions de la crise des prêts hypothécaires à risque.

© La Presse Canadienne, 2009