Le gouvernement du Québec ne peut rien faire pour contrôler l'appétit des pétrolières, a convenu mardi le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard.
Les consommateurs qui font le plein d'essence à presque 1,40 $ le litre ne peuvent pas espérer du gouvernement qu'il mette au pas les géants du pétrole, a-t-il admis au terme de la consultation menée par l'Agence de l'efficacité énergétique.
"Je ne suis pas le Hugo Chavez du Nord. Je ne prétends pas pouvoir contrôler le prix du carburant", a dit M. Béchard, en conférence de presse à Québec, faisant allusion au leader socialiste vénézuélien.
Tout au plus, le ministre Béchard propose de revenir à la charge avec une version plus ou moins améliorée de son projet de loi 41 obligeant les pétrolières à justifier auprès des consommateurs les variations du prix à la pompe.
Le projet de loi 41 a pris le chemin de la déchiqueteuse l'automne dernier, après avoir été ridiculisé en commission parlementaire par les partis d'opposition qui y voyaient un mécanisme complexe et inefficace. Le ministre se dit néanmoins prêt à déposer de nouveau un projet de loi de la même nature.
S'il n'est pas possible de contrôler le prix de l'essence à la pompe, il est certainement souhaitable de forcer les pétrolières à se justifier auprès de leurs clients, a insisté M. Béchard.
"Cela nous permettrait de savoir qui est à l'origine des flambées. En plus, cela amènerait un peu de gêne pour ceux qui doivent expliquer pourquoi les prix augmentent les vendredis", a-t-il fait valoir.
Le ministre a par ailleurs indiqué qu'il prévoyait déployer "le plan d'ensemble en efficacité énergétique et nouvelles technologies" à l'hiver 2009. Les mesures devront d'abord être approuvées entre temps par la Régie de l'énergie.
La stratégie résulte de la réflexion entreprise par l'Agence de l'efficacité énergétique qui a tenu deux jours de consultation à Québec. Quelque 215 personnes, provenant des milieux patronaux, syndicaux, sociaux et environnementaux ont participé aux audiences.
L'objectif du gouvernement ne manque pas d'ambition: Québec espère sauver, d'ici 2015, 11 TWH d'électricité, soit l'équivalent de la production de la centrale Manic 5. Plus précisément, un tel bloc d'énergie représente la consommation annuelle combinée des ménages de Québec, Laval et Sherbrooke.
Tous les citoyens du Québec devront faire leur part et dans certains cas changer des habitudes de vie, a opiné le ministre Béchard, sans toutefois détailler les mesures qui seront mises de l'avant.
Avec les objectifs qu'il s'est fixés, le gouvernement espère parvenir, à terme, à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 9,4 tonnes par année.