Quelle que soit la durée du conflit au Journal de Québec, le ministre du Travail David Whissell n'entend pas hausser le ton auprès des parties en litige.
Malgré l'impasse qui perdure depuis un an entre Quebecor et les 250 employés du quotidien, le ministre ne voit toujours pas la pertinence d'intervenir dans le dossier. Bien au contraire, il laisse entendre que le conflit pourrait durer encore des années.
"Ce n'est pas la première fois qu'un conflit de nature privée s'allonge, s'éternise, et les exemples ont toujours existé. Du temps où Mme (Pauline) Marois était membre du gouvernement, il y avait eu, je vous le rappelle, un conflit au journal The Gazette et ça a pris six ans avant qu'il y ait un règlement. Et jamais le gouvernement du temps, le Parti québécois, n'est intervenu", a dit le ministre, mardi en point de presse à l'Assemblée nationale.
À l'instar du gouvernement précédent dans le cas du conflit à The Gazette, l'administration de Jean Charest ne s'immiscera pas dans le dossier, que ce soit par le biais d'une révision du Code du travail ou par une loi spéciale, a fait comprendre M. Whissell.
"C'est un conflit où les parties doivent s'entendre. Et il serait très hasardeux dans un conflit de cette nature, pour un gouvernement, d'interférer dans la négociation", a soutenu le ministre du Travail.
M. Whissell s'est dit "sensible à la situation que vivent les travailleurs et leurs familles". Il a rappelé avoir nommé deux conciliateurs en plus de contacter les hauts dirigeants de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et de Quebecor pour qu'ils retournent à la table des négociations.
"Il y a eu 13 séances de conciliation de façon consécutive, intensive, suite à mon intervention et par la suite, pour différentes raisons, les parties ont cessé de négocier", a expliqué M. Whissell.
Pour l'instant, aux yeux du ministre, il n'y a plus qu'à attendre.
"Je suis allé aussi loin que la loi me le permettait", a-t-il estimé.
M. Whissell a par ailleurs répliqué à ceux qui lui font remarquer que le gouvernement est pourtant intervenu récemment pour mettre fin à un conflit de travail de nature privé, celui qui perdurait au cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal. Aucune comparaison n'est possible entre le cas du Journal de Québec et celui du cimetière, a-t-il argué.
"Je n'ai pris parti ni pour le syndicat ni pour l'employeur. Nous avons pris, comme gouvernement, le parti des familles. (...) Il y avait 500 dépouilles d'accumulées dans des réfrigérateurs. Il y avait des familles qui n'avaient pas pu vivre leur deuil. J'aimerais ça savoir, si ça avait été votre mère, si vous auriez la même question aujourd'hui", a-t-il lancé, un brin irrité, à un journaliste.
À défaut d'une intervention du ministre, l'Assemblée nationale a souligné mardi les 12 mois du conflit avec l'adoption unanime d'une motion appelant les parties à reprendre les pourparlers.