Pour la première fois en cinq mois, les détaillants canadiens ont affiché un recul de leurs ventes en février, mais les analystes voient tout de même plusieurs signes encourageants pour les consommateurs canadiens dans le rapport dévoilé mercredi par Statistique Canada.
La valeur des ventes de détail au Canada en février a diminué de 0,7 pour cent par rapport au mois précédent, pour s'établir à 35,5 milliards $.
Mais cette culbute dévoilée par l'organisme gouvernemental ne semble être qu'un petit incident de parcours aux yeux de l'économiste en chef adjoint de BMO Marchés des capitaux, Douglas Porter.
Les données fondamentales de l'économie canadienne restent solides, a-t-il estimé lors d'un entretien.
"Si une hirondelle ne fait pas le printemps, un déclin dans les ventes de détail canadiennes ne fait pas un effondrement."
Le recul inattendu survient alors que les ventes de détails avaient affiché un impressionnant bond de 1,4 pour cent en janvier, a noté M. Porter.
"Même avec cette baisse, les ventes à travers le pays restent tout de même 5,7 pour cent supérieures à celles du même mois l'an dernier, stimulées par des avancées de plus de 10 pour cent en Saskatchewan et au Manitoba", a-t-il poursuivi.
La météo "a probablement joué au moins un petit rôle dans ces données, quoi que ce n'est pas comme si la météo avait été idéale en janvier non plus", a observé M. Porter. "Je ne voudrais pas accorder trop d'importance à cet élément."
Avery Shenfeld, économiste chez Marchés mondiaux CIBC, a aussi pointé du doigt la météo, ainsi que le nouveau congé férié ontarien du "jour de la Famille", pendant lequel la plupart des magasins étaient fermés.
"La combinaison de la météo et du nouveau congé férié a fait en sorte que les données de l'Ontario sont bien pires que celles du reste du pays", a-t-il noté.
Malgré tout, "il y a beaucoup d'éléments positifs dans ce portrait pour le consommateur _ qu'il s'agisse des réductions d'impôts en vigueur depuis le début de l'année ou des plus faibles taux d'intérêt, de la solide croissance de l'emploi ou des baisses de prix observées sur certains gros items, comme les automobiles."
Aucun des huit secteurs de la vente au détail n'a connu une hausse de ses ventes en février, et deux d'entre eux, soit celui de l'automobile et celui des magasins de vêtements et d'accessoires, ont affiché des diminutions de 1,0 pour cent ou plus.
Les ventes du secteur de l'automobile ont reculé de 1,3 pour cent en février après quatre mois de fortes augmentations.
Mais exception faite de ce recul et des ventes modérées enregistrées à la mi-2007, Statistique Canada a estimé que les ventes de détails ont généralement crû à un bon rythme depuis 2004.
En tenant compte des changements de prix, les ventes au détail en dollars constants ont reculé de 0,7 pour cent en février, ce qui indique une réduction du volume de ventes.
La moitié des provinces ont affiché une diminution des ventes au détail en février, l'Ontario venant en tête avec une baisse de 1,6 pour cent. La seule hausse notable parmi les provinces, soit 1,1 pour cent, a été enregistrée au Nouveau-Brunswick.
Au Québec, les ventes ont progressé de 0,2 pour cent en février.