L'économie canadienne marque le pas, alors que la chute de la demande américaine pour les produits canadiens et l'agitation des marchés financiers touchent durement les manufacturiers, les exportateurs ainsi que les investisseurs d'affaires, affirme la Banque du Canada.
Cette évaluation de la situation, présentée par la banque centrale dans son plus récent Rapport sur la politique monétaire, publié jeudi, permet de mieux comprendre la démarche de son gouverneur, Mark Carney, qui a abaissé plus tôt cette semaine le taux cible du financement à un jour d'un demi-point de pourcentage pour le ramener à trois pour cent.
Après avoir prédit en janvier le début d'un renversement de situation au deuxième trimestre, la banque affirme maintenant que le Canada est entré dans un trou économique avec une croissance à peine supérieure aux niveaux de récession, à 0,3 pour cent.
La banque centrale croit que l'économie ne se relèvera pas avant le deuxième semestre de 2008, alors que la croissance atteindra en moyenne 1,8 pour cent.
Bien que la Banque du Canada ait abaissé ses taux d'intérêt de 1,5 point de pourcentage depuis décembre, elle estime qu'il lui faudra probablement procéder à au moins une nouvelle réduction cette année afin de stimuler la croissance, en raison de la nature prolongée de la crise financière mondiale.
Questionné lors d'une conférence de presse quant à savoir pourquoi la banque avait réduit ses taux de façon si importante en si peu de temps, M. Carney a indiqué que les décisions de l'organisme fédéral tenaient compte des risques économiques accrus ayant fait surface depuis octobre.
"Ces risques sont maintenant équilibrés, mais en en tenant compte, il était évident qu'une mesure de stimulation monétaire supplémentaire était nécessaire. Nous avons pris la décision mardi, et j'en resterai là", a-t-il déclaré.
Dans son analyse des économies canadienne, américaine et mondiale, la Banque du Canada prévoit qu'il faudra deux ans pour sortir de la crise.
"La détérioration de la conjoncture économique et financière aux États-Unis aura des retombées notables sur l'économie mondiale", a écrit la banque.
"Cette évolution de l'économie mondiale aura des conséquences sur l'économie canadienne. Premièrement, les exportations devraient se replier cette année. Deuxièmement, les turbulences sur les marchés financiers mondiaux continueront de rendre l'accès au financement sur les marchés de capitaux plus difficile et plus coûteux pour les entreprises et les banques canadiennes. Troisièmement, la confiance des entreprises et des consommateurs au pays devrait reculer quelque peu."