Les audiences controversées du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) sont arrivées à terme à Gatineau, jeudi, après trois semaines durant lesquelles les géants et le menu fretin de l'industrie se sont battus pour leur survie et une part plus importante de ce secteur d'une valeur de plusieurs milliards de dollars.
Les audiences ont donné lieu à des échanges enflammés, des insultes et même des mots d'humour, mais l'importance de ce premier examen d'importance du système canadien de radiodiffusion en 15 ans n'a échappé à aucune des personnes ayant pris part ou assisté aux audiences.
Ian Morrison, de Friends of Canadian Broadcasting, a fait remarquer au CRTC que les règles administrées par l'organisme fédéral avaient évolué depuis les débuts de l'ère de la câblodistribution.
M. Morrison a prévenu qu'une fois que le CRTC aura rendu sa décision, plus tard cet été, les téléspectateurs canadiens pourraient se retrouver avec un choix moins étendu et avoir accès à une programmation d'une nature canadienne moins distincte.
Avant et pendant les audiences, entreprises le 8 avril, le président du CRTC, Konrad von Finckenstein, a clairement fait savoir qu'il souhaitait une réglementation moindre et indiqué que tous les aspects importants des règles régissant l'industrie étaient sujets à discussion.
Parmi les sujets abordés, et possiblement le plus controversé d'entre eux, figurait celui de la possibilité pour les stations conventionnelles telles que CTV (TSX:BCE), Global (TSX:CGS) et CBC d'être payées par les entreprises de câblodistribution pour l'utilisation de leurs signaux.
Cette question a mis le câblodistributeur Shaw Communications (TSX:SJR.B) dans une telle fureur que son chef de la direction, Jim Shaw, a écrit au premier ministre Stephen Harper dans l'espoir qu'il intervienne auprès du CRTC, affirmant que l'organisme de réglementation faisait dérailler les politiques du gouvernement visant à ouvrir le système à une concurrence accrue et à la présence de davantage de joueurs.
Toutefois, lorsque le moment est venu pour M. Shaw se faire valoir son point de vue en personne, cette semaine, il a tourné le dos aux audiences, sans explication, et préféré déléguer une équipe composée du président de son entreprise, Peter Bissonnette, et d'autres responsables du câblodistributeur de Calgary.
Déçu, M. von Finckenstein a affirmé que la moindre des choses aurait été pour M. Shaw de faire acte de présence après avoir tant de fois critiqué de loin le CRTC, et de lui donner l'occasion de se défendre.
Les télédiffuseurs privés, notamment CTV et Global, soutiennent principalement le système en place, mais ils demandent aux câblodistributeurs et aux services de télévision par satellite des frais mensuels en échange de l'utilisation de leurs signaux.
Dans le cadre des audiences, le 15 avril, la société Quebecor (TSX:QBR.A) a dit être "choquée" que Radio-Canada demande un accès aux revenus d'abonnement au câble pour ses chaînes de télévision généralistes.
Quebecor revendique l'accès aux revenus d'abonnement au câble pour les chaînes généralistes, mais seulement pour les chaînes généralistes privées.