Par David Friend
Le président du syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA), Buzz Hargrove, a annoncé lundi que son organisation s'était entendue avec le constructeur Ford (NYSE:F) au sujet d'une entente-cadre d'une durée de trois ans.
Cet accord-cadre servira de base pour les négociations devant permettre de parvenir à un accord de principe sur une convention collective entre le syndicat et Ford du Canada, un des trois grands constructeurs qui négocie avec les TCA.
L'entente prévoit un gel des salaires ainsi qu'une réduction de la rémunération de vacances, a précisé M. Hargrove. Les salaires de base demeurent cependant les mêmes.
L'accord empêche également la mise en place d'un système salarial qui accorderait aux nouveaux employés une rémunération horaire environ deux fois moins élevé que celle des travailleurs détenant plus d'ancienneté.
Cependant, les nouveaux employés recevront au début 70 pour cent du salaire le plus élevé et atteindront ce maximum trois ans après.
Les ajustements au coût de la vie seront aussi gelés pour le restant de la convention actuelle et la première année du nouveau contrat, mais ils reprendront en décembre 2009.
Les augmentations des prestations de retraite seront indexées à l'inflation pour les deuxième et troisième années du nouveau contrat.
De plus, les employés recevront une prime de "productivité et de qualité" de 2200 $ à la ratification de l'accord.
Pour compenser la perte de 40 heures de rémunération de vacances chaque année, les membres des TCA obtiendront un paiement en argent de 3500 $ en janvier 2009.
Le syndicat a noté que cet accord-cadre a été conclu près de cinq mois avant la date limite de septembre.
"Nous croyons que le fait que nous soyons capables de nous asseoir et de faire cela dans un tel environnement, comme nous l'avons fait, tout en conservant une excellente relation avec Ford Motor, nous place dans la meilleure des positions quant aux décisions d'investissement qui seront faites dans nos usines pour les trois prochaines années", a estimé M. Hargrove lors d'une conférence de presse.
Dans le cadre de l'accord, le syndicat a obtenu un sursis d'exécution d'un an pour l'usine Ford de St. Thomas, en Ontario, qui devait fermer ses portes en 2010.
Mais M. Hargrove est resté prudent et a précisé que le syndicat ne pouvait pas garantir qu'il serait en mesure de laisser cette usine ouverte passé ce nouveau délai.
"Si nous continuons à perdre des parts de marché, il n'y a pas de garantie, a-t-il déclaré. Nous allons travailler très fort pour obtenir un nouvel investissement et un nouveau produit dans cette installation avant que celle-ci ne s'éteigne d'elle-même, en septembre 2011."

© La Presse Canadienne, 2008