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TQS : l'opposition à Ottawa presse Josée Verner d'user de ses pouvoirs

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TQS : l'opposition à Ottawa presse Josée Verner d'user de ses pouvoirs
Josée Verner
Par Karine Fortin

Les partis d'opposition à Ottawa pressent la ministre du Patrimoine, Josée Verner, d'user de ses pouvoirs afin d'assurer la survie des salles de nouvelles du réseau de télévision TQS, menacées de fermetures d'ici la fin de l'été.

Mme Verner a témoigné la semaine dernière sa sympathie aux 270 employés touchés. Elle a aussi écrit au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour demander d'être tenue au courant du dossier.

Mais jusqu'à maintenant, elle a refusé de se mêler de l'affaire qu'elle considère comme une transaction privée.

"Je crois qu'il faut laisser le CRTC aller au bout de son processus et laisser l'assemblée des créanciers décider du plan d'affaires de Remstar", a-t-elle répété pendant la période des questions.

Cette réserve enrage le Nouveau Parti démocratique, le Bloc québécois et le Parti libéral, qui lui ont tous trois reproché lundi d'en faire trop peu.

"C'est la culture, c'est la langue, c'est les informations. Or, on dit que c'est juste une petite affaire privée. C'est une honte. C'est le même discours qu'on a entendu de la part des libéraux lorsque CKAC a fermé sa salle de nouvelles", a déclaré le néo-démocrate d'Outremont, Thomas Mulcair.

À son avis, Mme Verner devrait rendre obligatoire le maintien d'un service d'information, et particulièrement d'information régionale, au sein de réseaux de télévision généralistes.

Le député d'Outremont assure qu'il n'est pas question de faire des pressions indues sur le CRTC, qui devra prendre une décision quant au transfert de la licence de TQS à son nouveau propriétaire, Remstar.

Mais selon lui, Mme Verner dispose de toutes sortes de moyens de "corriger une situation qui est inadmissible".

"Ce n'est pas très compliqué pour la ministre de la Culture de commencer à envoyer des messages clairs", a-t-il martelé.

Même son de cloche du côté du porte-parole libéral en matière de Patrimoine, Denis Coderre, qui estime que la ministre pourrait tout simplement faire connaître les "orientations" qu'elle entend donner à l'industrie de la télévision et à l'information.

"Elle doit nous dire c'est quoi sa définition de la Culture et c'est quoi son rôle comme ministre du Patrimoine. Elle ne le fait pas", a-t-il déclaré à l'issue de la période des questions.

Le Bloc québécois est lui aussi revenu à la charge au sujet de TQS. Le chef bloquiste Gilles Duceppe a déjà indiqué que son parti présenterait un mémoire dans le cadre de l'audience du CRTC, qui doit commencer le 2 juin prochain.

Il a invité Mme Verner, qui est ministre responsable de la région de Québec, à en faire autant, avec le Parti conservateur.

"On veut savoir ce qu'elle pense. Et pas qu'elle reste les bras croisés en nous disant que c'est une décision privée. C'est une décision privée avec des subventions de l'État, parce qu'il y a des subventions dans ça, et avec des ondes qui appartiennent au public", a-t-il expliqué.

© La Presse Canadienne, 2012


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