Le titre de Yahoo a perdu 15 pour cent de sa valeur, lundi, après le retrait de l'offre d'achat de 47,5 milliards $ US déposée par Microsoft.
Cette vente de feu a effacé près de la moitié de gains réalisés par le titre de Yahoo depuis que Microsoft a présenté son offre d'achat originale le 31 janvier, pour tenter de combler l'avance que détient Google dans les domaines de la recherche et des annonces publicitaires en ligne.
Les négociations ultimes entre Yahoo et Microsoft ont échoué, incitant le géant du logiciel à se retirer samedi.
Lundi sur le Nasdaq, le titre de Yahoo a reculé de 4,30 $ US à 24,37 $ US. Les analystes ne croient toutefois pas qu'il retombera à 19,18 $ US, où il se trouvait avant l'annonce de l'offre de Microsoft, certains investisseurs croyant que le géant du logiciel pourrait revenir à la charge si Yahoo continue à peiner.
Le titre de Microsoft a perdu 16 cents US à 29,08 $ US, ce qui reflète les craintes de certains de voir Google profiter de cet échec pour renforcer encore davantage sa position.
Le titre de Google, pendant ce temps, a bondi de 13,61 $ US à 594,90 $ US. L'entreprise échappe non seulement à une alliance à laquelle elle s'opposait farouchement, mais ses propres négociations avec Yahoo pourraient connaître un regain de vie maintenant que Microsoft s'est retiré.
Le chef de la direction de Yahoo, Jerry Yang, devra maintenant convaincre Wall Street que la décision de rejeter les avances de Microsoft était la bonne. Autrement, croient certains analystes, il pourrait être chassé de la tête de l'entreprise qu'il a fondée il y a 14 ans ou encore contraint d'accepter une offre moins généreuse de Microsoft.
La décision pourrait aussi susciter la colère des investisseurs et en inciter certains à se départir de leurs actions de Yahoo. L'analyste Darren Chervitz, de la firme Jacob Internet Fund, a notamment reproché à la compagnie de ne pas "avoir pris en compte les meilleurs intérêts des actionnaires pendant ce processus".
M. Yang ne sera pas le seul à sentir la soupe chaude. Son homologue chez Microsoft, Steve Ballmer, devra lui aussi démontrer qu'il est capable de combler l'avance que détient Google dans des secteurs aussi lucratifs que la recherche et les annonces publicitaires en ligne.
L'offre d'achat était généralement perçue comme une démonstration que Microsoft avait besoin de l'aide de Yahoo pour renflouer sa division internet déficitaire.
M. Ballmer pourrait maintenant utiliser les fonds mis de côté pour la transaction avec Yahoo pour explorer des alliances potentielles avec des joueurs aussi importants que AOL, MySpace, Facebook et LinkedIn.
Mais la pression repose d'abord et avant tout sur Jerry Yang, qui a promis qu'une nouvelle plateforme de placement publicitaire entraînera une augmentation nette des revenus d'au moins 25 pour cent en 2009 et 2010. Cela représenterait une amélioration importante, considérant que les revenus de Yahoo ont progressé de 12 pour cent l'an dernier et qu'une croissance similaire est attendue cette année.
Les analystes doutent toutefois de voir la compagnie atteindre des objectifs aussi ambitieux, compte tenu du ralentissement de l'économie américaine, ce qui pourrait accentuer la grogne des investisseurs.
Pour améliorer ses résultats à court terme, Yahoo est à peaufiner un partenariat avec Google. Une telle entente serait toutefois humiliante pour Yahoo, qui a dépensé 2 milliards $ US pour développer une technologie capable de rivaliser avec Google, en plus de faire l'objet d'un examen antimonopole de la part des autorités.