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| Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon |
Par Edith M. Lederer
AP - Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a fait part lundi de son intention d'agir "à toute vitesse" pour constituer un groupe de travail spécial et faire en sorte que les dirigeants du monde combattent la crise alimentaire mondiale.
Ban Ki-moon a annoncé la tenue d'une première réunion de ce groupe de travail lundi prochain et l'envoi dans les deux prochains jours d'invitations à participer au sommet de Rome organisé du 3 au 5 juin par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) "pour travailler notre stratégie pour appréhender et surmonter cette crise", a-t-il dit.
"Cette cris n'est pas arrivée par surprise", a reconnu Ban Ki-moon aux journalistes. "Elle s'est nourrie de plus d'une décennie de politiques de développement négligentes et inefficaces. Nous avons besoin d'un nouveau départ."
Bien qu'il y ait eu ces derniers jours des "mesures prometteuses" pour parer au plus urgent, c'est le système onusien en entier qui a besoin d'avancer et d'agir ensemble "pour relancer le développement agricole, particulièrement en Afrique et dans les autres régions les plus touchées", a-t-il estimé.
Le secrétaire général des Nations unies a indiqué qu'il avait demandé aux responsables gouvernementaux de ne pas adopter de mesures susceptibles de déséquilibrer le marché et de faire flamber les prix. Il a également appelé à une action immédiate pour fournir des graines et des engrais aux petits cultivateurs.
Interrogé pour savoir s'il partageait l'avis du président du Sénégal Abdoulaye Wade qui a appelé dimanche soir l'ONU à démanteler la FAO qualifiée de gouffre financier largement responsable de la crise actuelle, Ban Ki-moon a exprimé compréhension face aux frustrations de Wade et de nombreux autres présidents africains, mais il a rappelé le rôle joué par l'agence onusienne depuis sa création en 1945 dans la promotion internationale de la productivité agricole et dans l'aide humanitaire apportée aux populations affectées par les pénuries alimentaires.
Soulignant qu'il avait appuyé la nomination du Sénégalais Jacques Diouf à la tête de l'agence basée à Rome, M. Wade a estimé dimanche que "malgré les mérites de son directeur général (...) c'est l'institution de la FAO qui est en faute".
La crise alimentaire "est largement l'échec" de la FAO, a-t-il ajouté, jugeant que l'agence "est un gouffre pour l'argent largement dépensé en fonctionnement, avec très peu d'opérations efficaces sur le terrain".
Ban Ki-moon, de retour d'Afrique et d'Europe, a de nouveau insisté sur "la gravité de l'urgence et la nécessité d'une réponse urgente", affirmant que les enjeux sont très élevés.
"Si elle n'est pas gérée de manière appropriée, cette crise pourrait par ricochet dégénérer en une multitude de crises affectant le commerce, le développement et même la sécurité sociale et politique dans le monde entier", a-t-il prévenu. "Les moyens d'existence de centaines de millions de personnes sont menacés", a-t-il ajouté.
Le secrétaire général de l'ONU a indiqué que lors de son voyage, les présidents du Liberia et de la Côte d'Ivoire lui avaient confié leur crainte que "la crise alimentaire n'anéantisse leurs efforts pour remettre leurs pays sur pied après plusieurs années de conflit".

© La Presse Canadienne, 2008