Le Groupe Pages Jaunes (TSX:YLO.UN) doit se débattre contre la mauvaise tenue des médias imprimés aux États-Unis, qui nuit au cours boursier de ses parts malgré de solides résultats.
"Il y a beaucoup de conjectures, particulièrement aux États-Unis, au sujet de la santé du secteur de l'imprimé", a relevé jeudi le président et chef de la direction des Pages Jaunes, Marc Tellier, lors d'une conférence de presse tenue à l'issue de l'assemblée annuelle des porteurs de parts, à Montréal.
"Pourtant, je pense que la dynamique du marché est radicalement différente dans les deux pays, a-t-il poursuivi. Il y a moins de fragmentation des médias au Canada."
Dans l'espoir de renverser la vapeur, la fiducie de revenus a annoncé à la fin mars un important programme de rachat de parts, par lequel elle dépensera 300 millions $ pour retirer jusqu'à 25 millions de parts du marché, soit 5 pour cent du total.
Les dirigeants des Pages Jaunes admettent que les revenus des annuaires papier progressent peu. Les deux tiers de la croissance de la société montréalaise proviennent désormais des activités en ligne.
"Ce sont les services en ligne qui sont le moteur de la croissance à ce moment-ci, c'est sûr", a convenu le chef de la direction financière des Pages Jaunes, Christian M. Paupe.
Au premier trimestre, terminé le 31 mars, les revenus découlant des activités en ligne ont bondi de 47,7 pour cent par rapport à la même période l'année dernière, pour atteindre 53,5 millions $, soit 13 pour cent du total. L'entreprise vise le seuil de 20 pour cent d'ici 2010.
Marc Tellier ne craint pas, par ailleurs, que le ralentissement économique, ni même une éventuelle récession, ne nuisent indûment aux résultats des Pages Jaunes. Il dit avoir noté une légère augmentation des faillites de PME, la principale clientèle de l'éditeur, mais rien de dramatique.
"Si on regarde les 55 dernières années, on n'a pas eu de gros ralentissement en période de récession, a affirmé M. Tellier. On ne voit pas (d'effet) en ce moment dans notre entreprise."
Malgré la morosité actuelle au sud de la frontière, qui pourrait favoriser des acquisitions, Pages Jaunes n'entend pas mettre d'efforts particuliers là-dessus pour l'instant. La priorité est de "finir ce qu'on a commencé", c'est-à-dire l'intégration des publications de la chaîne Trader (vente de véhicules et d'autres biens), acquises il y a plus de deux ans.
L'opération a été plus "complexe" que prévu, a reconnu Marc Tellier. Au premier trimestre, les revenus de ce secteur n'ont progressé que de 2,5 pour cent, mais son bénéfice d'exploitation a crû de 16,1 pour cent.