Par Bruce Cheadle
Une taxe sur le carbone qui provoquerait une hausse des prix de l'essence n'aurait aucune influence sur la consommation personnelle d'essence, mais pourrait pousser les entreprises à modifier leurs comportements, selon des experts.
Alors que les libéraux fédéraux évoquent l'idée de faire de la taxe du carbone le pivot de leur prochaine campagne électorale, plusieurs au sein même du parti craignent une révolte des électeurs. Pourtant, les experts affirment que même si les hausses fulgurantes des prix de l'essence sont au coeur de bien des discussions, elles n'empêchent pas les conducteurs canadiens d'utiliser leur voiture.
En 2007, alors que les prix de l'essence ont dépassé 1 $ le litre pour la première fois, les ventes d'essence ont dépassé celles de 2006 par 3,8 pour cent. La hausse annuelle avait été de 1,5 pour cent en moyenne les 10 années précédentes.
En janvier et février cette année, les ventes d'essence étaient en hausse de 2,8 pour cent comparé à l'année précédente, selon Statistique Canada. En mars, les ventes d'essence étaient en hausse de 0,3 pour cent.
Le vice-président aux affaires publiques de l'Association canadienne des automobilistes, Chris White, a révélé que le nombre de conducteurs ayant approché l'association pour des conseils dans la planification d'un voyage a augmenté ce printemps, comparé à 2007.
La taxe du carbone et les hausses des prix de l'essence qu'elle entraînera devraient affecter les industries plus durement que les individus. Matthew Bramley, de l'Institut Pembina, croit qu'une taxe du carbone influencera certainement la prise de décisions dans les entreprises, où même une petite hausse des coûts peut provoquer l'adoption rapide de solutions énergétiques plus propres.
Joe D'Cruz, un expert de l'école de gestion Rotman de Toronto, croit toutefois que la taxe du carbone influencera le comportement des individus, si ce n'est qu'en les rendant plus conscients de leur "empreinte écologique".

© La Presse Canadienne, 2008