AP - Hillary Rodham Clinton espérait une large victoire sur Barack Obama à la primaire de Virginie occidentale mardi soir. Si elle ne risque sans doute pas de pouvoir retourner la tendance, elle peut au moins ralentir la marche de son rival, qui semble désormais inexorable.
Ce dernier, quasiment assuré de l'investiture en août à la convention démocrate de Denver, se préparait déjà à la bataille de novembre contre le républicain John McCain.
En Virginie occidentale, où les sondages lui donnent jusqu'à 40 points d'avance sur son rival, Mme Clinton était omniprésente, à la différence du sénateur de l'Illinois, qui n'a fait qu'un bref arrêt dans cet État à la forte classe ouvrière blanche, électorat qui n'est guère le sien. Il y a tout de même fait des prouesses au billard, tranchant avec sa piteuse prestation au bowling...
Seuls 28 délégués sont en jeu en Virginie occidentale, où Barack Obama devrait tout de même décrocher quelques-uns même s'il perd. Il a récolté 26 superdélégués supplémentaires depuis mardi dernier, entre sa large victoire de Caroline du Nord et son étroite défaite dans l'Indiana.
La moisson des grandes pointures du parti se poursuivait d'ailleurs pour lui mardi, avec trois superdélégués de plus, dont le maire de La Nouvelle-Orléans Ray Nagin.
Obama, qui comptait passer cette soirée électorale dans le Missouri, État-clé en novembre, est donc mathématiquement en mesure de décrocher la nomination démocrate avant la fin de la saison des primaires le 3 juin, même s'il perd la moitié des courses restantes, cinq États et Porto Rico.
Quant à l'ex-Première dame des États-Unis, sa meilleure chance de ralentir Obama est le 31 mai: le Comité national démocrate décidera alors de réintégrer ou pas les délégués de Floride et du Michigan, ces deux États ayant violé les règles du parti en organisant leurs primaires trop tôt.
S'ils sont réintégrés, les 2 025 délégués aujourd'hui indispensables à la nomination passeraient à 2 209. En outre, Hillary Clinton ayant remporté les primaires dans ces deux États, cela ferait baisser la balance pour Obama.
Mais même dans ce scénario le plus favorable à l'ancienne First Lady, le sénateur métis garderait une avance d'une centaine de délégués: il compte à ce jour 1 874,5 délégués, contre 1 697 à sa rivale, selon le dernier comptage de l'Associated Press. Obama n'est qu'à 150,5 délégués du chiffre nécessaire pour remporter la nomination à Denver. Ayant refait son retard, il mène désormais aussi chez les superdélégués, avec 284 contre 271,5 à la sénatrice de New York.
À chaque étape, Obama se concentre désormais sur son vrai rival McCain, doublement vétéran, à la fois en politique et en matière de guerre. Et qui exploite l'inexpérience du jeune sénateur au moins autant que ne l'a fait Hillary Clinton.
À Charleston, devant plusieurs milliers de personnes, Obama a fait vibrer la corde patriotique, cherchant à réfuter les critiques qui ne le jugent pas prêt à devenir commandant en chef. S'inquiétant plus du sort des anciens combattants des guerres d'Afghanistan et d'Irak que de drapeaux et de parades, il a estimé que le "véritable test de notre patriotisme sera de servir nos héros rentrant au pays aussi bien qu'ils nous ont servis". Mais, pour la deuxième fois seulement en quelques semaines, il portait au revers de sa veste un petit drapeau américain.
Et s'il entame un déplacement de deux semaines qui l'emmènera dans les derniers États à primaires, comme le Dakota du Sud ou l'Oregon, le sénateur de l'Illinois se rendra surtout sur les terrains de l'affrontement de novembre, Missouri (remporté par George Bush en 2000 et 2004), et deux autres gros "swing states", la Floride et le Michigan, où les candidats démocrates, respectant la loi du parti, n'ont pas encore fait campagne.
Quant au parti démocrate, il est lui impatient de réconcilier des pro-Clinton et des pro-Obama très remontés les uns contre les autres après cette campagne si rude. Pour que tous s'unissent en vue de la "vraie" bataille.