Une nouvelle dévaluation des titres de papier commercial adossé à des actifs (PCAA) et la dégringolade des marchés financiers a plombé les résultats du Mouvement Desjardins au premier trimestre, terminé le 31 mars.
La coopérative a réduit de 220 millions $ (150 millions $ après impôts) la valeur du PCAA qu'elle détient, portant ainsi à 493 millions $ (336 millions $ après impôts) la dévaluation totale appliquée depuis l'été 2007. Cela représente 27 pour cent du montant de 1,8 milliard $ que Desjardins possédait en PCAA en août, alors que la crise hypothécaire américaine a déferlé.
Cette nouvelle dépréciation a fait fondre à 67 millions $ les excédents avant ristournes aux membres au premier trimestre, une chute de 74,7 pour cent par rapport aux 265 millions $ dégagés pendant la même période de l'année dernière. Le rendement des capitaux propres, un indicateur clé de la performance des institutions financières, n'a été que de 2,9 pour cent, contre 12,4 pour cent au premier trimestre de 2007.
En excluant l'impact du PCAA, les excédents avant ristournes se seraient élevés à 217 millions $, tout de même en baisse de 18,1 pour cent par rapport à il y a un an. Le rendement des capitaux propres aurait été de 9,2 pour cent.
Comme si ce n'était pas assez, le recul des marchés financiers a nui aux divers placements du Mouvement, ce qui a fait plonger son revenu total. Il a atteint 2,17 milliards $ au premier trimestre, soit 8,1 pour cent de moins qu'il y a un an.
Seul le réseau des caisses a connu une embellie avec des excédents de 179 millions $, en hausse de 29 pour cent par rapport à l'année dernière.
La nouvelle présidente et chef de la direction de Desjardins, Monique Leroux, s'en est réjouie et a assuré, dans un communiqué publié jeudi, que le Mouvement demeurait "une institution financière en excellente santé financière". Elle a affirmé que les dirigeants de Desjardins allaient rester "vigilants face à la situation actuelle des marchés".
Pas de baisse des ristournes
La chute des excédents de Desjardins ne devrait pas avoir d'effet négatif sur le montant des ristournes versées aux membres puisque celui-ci est fondé uniquement sur le rendement du réseau des caisses, qui s'est amélioré, a précisé un porte-parole de Desjardins, André Chapleau, au cours d'un entretien téléphonique.
Perturbé par la situation des marchés financiers et une hausse de la sinistralité, le secteur de l'assurance de dommages a enregistré une perte nette de 2,2 millions $ au premier trimestre, comparativement à un bénéfice net de 27,6 millions $ il y a un an. Les primes brutes souscrites sont toutefois en hausse de 7,1 pour cent.
Du côté des assurances de personnes, le bénéfice s'élève à 35 millions $, contre 48 millions $ l'an dernier. Les revenus de primes ont crû de 11,7 pour cent.
Enfin, le secteur des valeurs mobilières, de la gestion d'actifs et du capital de risque est retombé dans le rouge avec une perte nette de 4 millions $, contre un bénéfice net de 9 millions $ un an plus tôt, surtout à cause de la situation défavorable sur les marchés.
L'actif du groupe financier s'élevait à 149,8 milliards $ au 31 mars, une progression de 9,6 pour cent en un an. Quant aux provisions pour pertes sur créances, elles se sont élevées à 44 millions $ au premier trimestre, soit le même niveau qu'un an plus tôt.
Desjardins a par ailleurs annoncé jeudi avoir nommé, vendredi dernier, Raymond Laurin au poste de chef de la direction financière, en remplacement de Mme Leroux.