Le 27 mai, DJ Evalicious se produira pour la première fois au Canada. Elle sera aux commandes des tables tournantes du Space Ultra Lounge, à Montréal. Cette DJ est aussi connue sous le nom d'Ève Salvail, une top-modèle née à Matane qui a travaillé pour les plus grands créateurs. Showbizz.net s'est entretenu avec le mannequin qui nous parle de musique et de l'industrie de la mode.
Avant de contacter Ève par téléphone, on ne sait trop à quoi s'attendre. Avec son crâne rasé, la belle a toujours affiché une image plus dure que ses consoeurs aux longs cheveux et à la féminité exacerbée. Selon les médias à potins, le Québécois Gabriel Aubry, l'amoureux d'Halle Berry, serait difficile. De plus, les frasques de Naomi Campbell nous ont peut-être effrayés un peu. Finalement, Ève Salvail est fort sympathique, nous incitant même à la tutoyer en entrevue. Notons qu'elle a gardé son accent bien de chez nous, contrairement à quelques artistes d'ici qui empruntent un accent français ou anglais à force de rouler leur bosse à l'étranger!
Comment le mannequin s'est-elle retrouvée derrière les platines? «Ça a commencé par hasard. Dans un club de New York, on m'a demandé de remplacer le DJ à la dernière minute. Je ne jouais qu'avec deux boutons», raconte-t-elle en entrevue. Ève Salvail a depuis joué en Bulgarie, en Grèce, en Égypte, à Chicago, Boston, Las Vegas et Miami, dit-elle.
Elle aime bien tourner de la musique des années 70 et 80, du hip hop et plusieurs artistes pop-dance comme Justin Timberlake ou Madonna. Evalicious veut avant tout faire danser la foule! Chez elle, le rythme change. Elle aime bien écouter Cesaria Evora en savourant un bon verre de vin.
Au début des années 90, Ève Salvail devient célèbre. Elle se rase le crâne et arbore un tatouage de dragon derrière sa tête. Elle se distingue ainsi des tops de l'heure. Le designer Jean-Paul Gaultier remarquera cette fille au look particulier et en fera son égérie. «C'est grâce à Gaultier que tout ça a débuté», dit-elle
La jeune femme ne se destinait pas à une carrière de mannequin. «Je n'ai jamais été attirée par la mode (…). J'étais punk avant. Je portais des chaînes et des bottes d'armée. Je ne suis pas la mode», dit-elle.
Ève n'est d'ailleurs pas très au courant de ce qui se passe dans le domaine. Lorsque l'on parle de top-modèles de la fin des années 80 et des années 90 comme Claudia Schiffer et Linda Evangelista qui font toujours carrière, elle hésite un moment. Elle répond ensuite que les clients qui ont recours à ces mannequins recherchent tout simplement des «classiques», des visages connus. Aujourd'hui, les stars sont assez rares dans le milieu, croit-elle.
Après avoir touché au cinéma («Le cinquième élément», «Zoolander» et «Prêt-à-porter») et à la musique (chanteuse dans le groupe Ten Watt Mary), Ève est toujours fidèle à ses premières amours. Elle n'a pas délaissé le métier de mannequin. Elle travaille toujours pour certains clients. «À 37 ans, (lorsqu'on m'embauche) je le prends comme un compliment. Après 17 ans de travail, il se crée des amitiés», explique-t-elle.
Lorsqu'on lui demande ses plus beaux souvenirs professionnels, peu importe le domaine d'activité artistique, elle nous parle de sa rencontre avec une jeune leucémique. Amélie avait fait part de son rêve de rencontrer Ève par l'entremise d'un organisme spécialisé. «Elle s'est avérée être une fille le fun. On s'est très bien entendues. On est restées en contact durant les cinq dernières années de sa vie. Ce fut un honneur. Je crois que c'est le plus grand moment», raconte Ève.
Parmi ses projets futurs, Ève Salvail compte écrire un livre qui se voudrait une biographie en image, avec des dessins, mais «ça prend du temps». Elle voudrait tout d'abord publier son bouquin en France et aux États-Unis.
Notons que la soirée prévue le 27 mai au Space Ultra Lounge est privée. Seules les personnes qui auront reçu une invitation pourront y assister.