L'économie canadienne est désormais davantage centrée sur la vente de produits que sur leur production.
Un rapport rendu public lundi par Statistique Canada, faisant état d'une hausse de 5,8 des ventes des détaillants du pays l'an dernier, a permis d'apprendre que pour la première fois de l'histoire, plus de personnes étaient employées dans le secteur du commerce de détail que dans celui de la fabrication.
Cette hausse des ventes, la deuxième plus importante en cinq ans, souligne l'importance croissante de la demande intérieure comme pivot de la croissance de l'économie canadienne, avec l'Ouest du pays, en particulier la Saskatchewan et l'Alberta, au sommet de la vague.
En revanche, si le secteur des services a brillé, les choses vont de mal en pis pour celui de la fabrication _ en particulier les secteurs de l'automobile et de la foresterie. La situation est telle que plus de gens travaillent aujourd'hui pour un concessionnaire d'automobiles ou dans un supermarché que dans les usines et les papeteries.
Statistique Canada a fait savoir lundi qu'il y avait 1 790 000 emplois dans le secteur du détail, l'an dernier, comparativement à 1 784 700 dans celui de la fabrication.
"Ce n'est pas étonnant compte tenu du fait que la fabrication a été en baisse ces dernières années et probablement depuis quelques décennies", a observé Aron Gampel, économiste en chef adjoint de la Banque Scotia.
Et les choses ne sont pas près de changer, a-t-il ajouté. "Nous devenons de plus en plus une société axée sur les services et le commerce de détail".
Les détaillants canadiens ont vendu pour un montant estimatif de 412 milliards $ de marchandises et services l'an dernier, en hausse de 5,8 pour cent par rapport à 2006.
Pour chaque tranche de 100 $ dépensés par les consommateurs chez les détaillants en 2007, 18,70 $ ont été consacrés aux concessionnaires de véhicules automobiles neufs, 16,00 $ aux supermarchés, 11,80 $ aux magasins de marchandises diverses, 11,30 $ aux stations-service et 6,90 $ aux pharmacies et aux magasins de soins personnels. Le reste a été dépensé pour des marchandises provenant des autres groupes de commerce.
À l'échelon provincial, les détaillants de la Saskatchewan ont vu leurs ventes bondir de 13 pour cent, soit le double du taux de croissance affiché en 2006. Il s'agit de la plus importante croissance des ventes au détail enregistrée en 2007 à l'échelle du pays et du plus fort taux annuel que la Saskatchewan ait connu depuis le début de cette série en 1991.
Les détaillants de l'Ontario ont, pour leur part, enregistré la plus faible croissance des ventes au détail au Canada, l'an dernier. Les ventes y ont crû de 3,9 pour cent pour atteindre 146,3 milliards $.
Au Québec, la croissance est demeurée inférieure à la moyenne nationale malgré une hausse record des ventes dans les pharmacies et les magasins de produits de soins personnels de la province. Les ventes au détail au Québec ont progressé de 4,6 pour cent pour se chiffrer à 90,7 milliards $ en 2007. Il s'agit de la quatrième année consécutive au cours de laquelle la croissance était inférieure à la moyenne nationale.
Au Nouveau-Brunswick, la hausse a été de 5,7 pour cent, à 9,3 milliards $.