AP - En visite d'une journée à Varsovie, le président français Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi l'ouverture, à compter du 1er juillet, du marché du travail français aux Polonais et aux ressortissants des sept autres pays de l'ex-bloc de l'Est entrés dans l'Union européenne en 2004.
"La France a décidé de lever toutes les barrières à partir du 1er juillet", date du début de la présidence française de l'UE, soit "avec un an d'avance sur ce qui était initialement prévu", a annoncé le président français au cours d'une conférence de presse.
Et ce "parce que la France croit à la liberté de circulation des personnes et des biens à l'intérieur de l'Europe", a souligné Nicolas Sarkozy avant d'annoncer la nouvelle devant les deux chambres réunies du Parlement polonais.
La Commission européenne a confirmé dans un communiqué publié mercredi soir que la France allait ouvrir son marché de l'emploi aux travailleurs des huit pays d'Europe de l'Est qui ont intégré l'UE en 2004: les ressortissants de la Pologne, Slovaquie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Estonie, Slovénie et République tchèque pourront ainsi y accéder librement à partir du 1er juillet.
Vladimir Spidla, commissaire à l'Emploi et aux Affaires sociales, a salué la décision de Paris, qui selon lui, sera bénéfique pour la France et son économie. Des restrictions resteront toutefois en vigueur pour les travailleurs des deux derniers pays à avoir rejoint, en 2007, l'UE: la Bulgarie et la Roumanie.
Le président polonais Lech Kaczynski s'est lui aussi félicité de cette ouverture, la qualifiant de "très importante", notamment parce qu'elle couvre toutes les professions. La Pologne est de loin le plus peuplé des huit pays de l'Est entrés dans l'Union en 2004, avec ses 38 millions d'habitants. Les Polonais restent toutefois soumis à des restrictions de travail en Allemagne, Autriche, Danemark, Belgique, au Luxembourg et à Malte.
"Aujourd'hui, j'estime que la Pologne est un grande d'Europe, (...) que l'Europe est fondée sur la liberté de circulation des personnes et des biens et qu'il n'y a aucune raison d'avoir des restrictions avec la Pologne", qui est un "partenaire stratégique", a insisté le président français. "Je crois à l'Europe et j'essaie de le démontrer aujourd'hui à Varsovie", a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy a également défendu sa proposition en faveur d'une action de l'UE pour limiter le prélèvement de la TVA sur les carburants afin d'atténuer l'impact de la flambée des prix du pétrole. Des responsables de l'UE à Bruxelles ont promis d'examiner la mesure, mais ont averti que son sort pourrait dépendre d'une approbation à l'unanimité des 27 Etats-membres.
"Est-ce qu'on doit appliquer la même fiscalité proportionnelle au prix, avec un baril qui a doublé en un an, triplé en trois ans? C'est quand même une question qu'il n'est pas absurde de poser", a déclaré M. Sarkozy lors de sa conférence de presse conjointe avec M. Kaczynski. "Poser cette question, c'est quand même normal", a ajouté le président français, qui demande que cette proposition soit "étudiée".
Nicolas Sarkozy est confronté à des manifestations en France liées à la hausse du prix des carburants, qui suscite également un vif mécontentement dans des pays voisins comme l'Espagne, le Portugal, l'Italie et la Grande-Bretagne.