La France doit mieux s'attaquer à la réduction de ses déficits si elle compte relancer la croissance à long terme, a estimé mercredi la Commission européenne, dans un avertissement à Paris qui était attendu.
Deuxième économie de l'Union, la France est devenue l'un des plus mauvais élèves des Quinze pays de la zone euro. Selon l'UE, qui contredit les estimations du gouvernement français, la croissance française devrait encore ralentir en 2008, à 1,6 pour cent, contre 1,9 pour cent en 2007, et "restera faible" en 2009.
L'exécutif européen appelle donc les ministres des Finances des Vingt-Sept à adresser leurs remontrances à la France.
Le président français Nicolas Sarkozy avait plaidé pour que la Commission fasse preuve de tolérance alors que Paris engage des réformes structurelles.
Mais le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia, a jugé que la France doit reprendre dans le même temps le combat pour la réduction de son déficit public, "qui s'est arrêtée net en 2007".
"Ce n'est qu'en allant vers des budgets équilibrés que la dette publique peut être réduite et des ressources budgétaires libérées pour des mesures de relance de la croissance", a-t-il critiqué.
La Commission se montre sceptique sur les projets français d'ouverture du marché du travail et d'augmentation des la concurrence, qui visent à gagner trois points de croissance et créer 50 000 emplois d'ici 2009.
Quant à l'endettement de la France, qui a atteint 64 pour cent du PIB l'année dernière et devrait encore s'alourdir, il "est un fardeau pour les générations actuelles et futures et limite la possibilité de consacrer des dépenses publiques à la croissance et à l'amélioration du bien-être", juge la Commission.

© La Presse Canadienne, 2009