S'il y a une part de vérité dans les clichés, Dinara Safina devrait disposer de Svetlana Kuznetsova en demi-finale de Roland-Garros. La soeur de Marat Safin a disposé d'Elena Dementieva de la même manière qu'elle avait terrassé Maria Sharapova, au prix d'un incroyable retournement de situation.
Mais plus que "jamais deux sans trois", c'est "à Dinara, rien d'impossible" qui semble la formule la mieux adaptée aux performances de la tête de série no 14 face à la no 1 mondiale puis à la finaliste de 2004. C'est d'ailleurs dans un T-shirt annonçant en anglais qu'impossible n'existe pas, le slogan de son commanditaire, que la jeune femme a affronté les questions de la presse.
Si elle est encore loin d'imiter son grand frère en remportant un tournoi du Grand chelem, Safina a néanmoins déjà réussi un exploit inédit: celui d'être la première femme à atteindre le dernier carré d'un tournoi majeur en ayant sauvé deux balles de match.
Elle attribue cette combativité au travail physique réalisé cette année, et qui lui a permis de remporter le tournoi de Berlin.
"Avant, quand je jouais contre les grandes joueuses et que je perdais, je pensais qu'au point de vue mental et physique ça n'allait pas. Maintenant je pense que, physiquement, s'il faut que je joue encore une heure, je peux encore tenir. Si on sait que physiquement ça tient, le mental suit le physique", a-t-elle dit.
Il faudra en effet que le physique tienne contre Kuznetsova après deux matches de plus de deux heures et demie et sans bénéficier, comme Ana Ivanovic ou Jelena Jankovic, les deux autres demi-finalistes, d'un jour de repos.
Mais Safina est persuadée qu'à 22 ans, son heure est peut-être arrivée.
"Si je n'y croyais pas, je ne serais pas là. C'est pour ça que je joue. Parce que j'y crois. Je crois que je peux toujours jouer mieux qu'avant. Il y avait toujours quelque chose qui me manquait", a-t-elle dit.
En tribune, elle peut compter sur le soutien de sa mère, Rausa Islanova, qui a découvert et entraîné la plupart des joueuses russes qui essaiment sur le circuit. De bon conseil, donc. Marat, en revanche, ne se montre pas. Trop inquiet, assure-t-elle. L'ancien no 1 mondial préfère la féliciter par messagerie texte. Il lui en a encore envoyé un mercredi, laconique: "Bien joué".
Dinara n'est plus qu'à un autre message texte de sa première finale du Grand chelem.