En guise de protestation, les travailleurs de l'usine General Motors d'Oshawa, en Ontario, ont interrompu les activités de la compagnie de façon temporaire, samedi.
Environ 100 manifestants sont montés dans leur voiture en début de journée. Ils ont encerclé l'usine et bloqué l'accès aux camions de livraison de pièces automobiles. Un porte-parole du syndicat des travailleurs de l'usine, Keith Osborne, a affirmé que les employés à l'intérieur de l'usine avaient été obligés d'arrêter leur travail pendant quelques heures.
Les travailleurs de l'usine GM manifestent déjà depuis mercredi dernier en bloquant l'accès de l'administration aux bureaux de la compagnie. Les travailleurs avaient appris la veille, mardi, que la chaîne de montage de camions d'Oshawa serait fermée en 2009.
Le président de la Canadian Auto Workers Local 222, Chris Buckley, a affirmé samedi que les travailleurs de l'usine d'Oshawa continueraient de manifester devant les bureaux de la compagnie. M. Buckley, dont l'organisation syndicale représente les travailleurs de l'usine d'Oshawa, a ajouté que les protestations ne finiraient pas de sitôt.
Un porte-parole de GM, Stew Low, a pour sa part confirmé que l'usine avait ralenti un peu de sa production samedi en raison du convoi des manifestants.
M. Low a également précisé qu'il s'agissait de la première interruption depuis le début des manifestations cette semaine.
Les politiciens des gouvernements provincial et fédéral, dont le chef du Parti libéral, Stéphane Dion, et celui du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, sont venus soutenir les manifestants tout au long de la semaine, décriant eux aussi la décision de GM.
M. Dion a parlé d'espoir pour l'industrie automobile et de la nécessité de stimuler les investissements dans le secteur.
De son côté, Jack Layton a dit aux travailleurs que le conseil national de son parti adopterait une proposition d'urgence samedi après-midi, demandant à tous les membres du NPD d'appuyer la manifestation. M. Layton a également affirmé qu'il tenterait de renverser le gouvernement lundi lors d'un vote sur le budget, avec, entre autres, comme raison, le manque de solutions pour les travailleurs de l'industrie automobile.
Chris Buckley a suggéré au chef libéral de rentrer chez lui lorsqu'il a appris que Stéphane Dion se rangerait peut-être du côté du gouvernement au moment du vote sur le budget. "S'il ne veut pas se joindre à nous et défier le gouvernement, a affirmé M. Buckley, il n'a plus à être ici pour faire semblant de s'inquiéter du sort des travailleurs."
Les travailleurs de l'usine s'interrogent eux aussi sur les motivations de leurs élus à venir les rejoindre sur les piquets de grève. Certains se demandent si les politiciens sont venus à Oshawa pour poser des actions concrètes, au-delà des séances de photos auxquelles ils s'adonnent depuis mercredi.