Par Ross Marowits
Le fabricant montréalais de tee-shirt Gildan Activewear (TSX:GIL) fait face à une action en recours collectif qui pourrait lui coûter 500 millions $.
Le recours fait suite à des allégations selon lesquelles les dirigeants de Gildan ont empoché des millions en revendant les actions qu'ils détenaient dans l'entreprise avant que des problèmes concernant son usine de République dominicaine ne soient rendus publics et fassent plonger le cours de l'action.
L'investisseur institutionnel Metzler Investment GMBH, le principal plaignant, affirme avoir perdu près de 900 000 $ après la publication de ces informations.
Dans une déclaration déposée la semaine dernière auprès de la Cour supérieure de l'Ontario et rendue publique lundi, Metzler Investment affirme que le chef de la direction de Gildan Activewear, Glenn Chamandy, et une société de portefeuille à son nom ont empoché 95,2 millions $ US en vendant des actions entre le 9 août et le 5 décembre 2007.
Le directeur financier, Laurence Sellyn, aurait obtenu 802 827 $ CAN lors de transactions effectuées les 20 et 21 décembre de la même année.
Aucune de ces allégations n'a pour le moment été prouvée en cour. Gildan, à qui le recours n'a pas encore été signifié, n'a pas souhaité s'exprimer sur l'affaire.
Les plaignants soutiennent que le fabricant montréalais connaissait ou aurait dû connaître la gravité des problèmes survenus dans son usine de République dominicaine et avait l'obligation d'en avertir les investisseurs.
Ils réclament 500 millions $ en dommages généraux, plus 5 millions $ en dommage punitif.
Le recours collectif a été déposé par le cabinet d'avocats Siskinds LLP au nom de tous les investisseurs, canadiens ou non, ayant acheté des actions Gildan entre le 2 août 2007 et le 29 avril 2008 et qui détenaient encore ces titres le 29 avril.
Le recours ne devrait pas être examiné avant l'an prochain, a expliqué en entrevue un avocat de Siskinds, Me Dimitri Lascaris.
La demande de recours a été déposée en Ontario même si Gildan est une entreprise montréalaise parce que la loi québécoise interdit les recours collectifs aux investisseurs institutionnels comptant plus de 50 employés, a-t-il ajouté.
Une plainte similaire a déjà été déposée aux États-Unis. Selon cette plainte, qui n'a pas encore été homologuée, Gildan a publié des déclarations fausses et inexactes à propos de ses résultats financiers.
Contrairement au Canada où il suffit de prouver qu'il y a eu négligence, aux États-Unis, les plaignants doivent démontrer l'existence d'une intention frauduleuse. Cette disposition conduit au classement de l'affaire dans 30 à 40 pour cent des cas.
L'action de Gildan, qui avait dégringolé de 37 $ à 24 $ le 29 avril dernier, a clôturé lundi à la bourse de Toronto en hausse de 20 cents à 29,20 $.

© La Presse Canadienne, 2008