Par Eric Shackleton
L'augmentation des taux d'intérêt hypothécaires va ralentir encore davantage le marché immobilier canadien, au moment où l'accessibilité des propriétés est en chute, que les ventes ralentissent et que l'économie s'essouffle dans plusieurs régions du pays, estiment certains analystes.
Ces estimations surviennent après la hausse d'un demi-point des taux hypothécaires annoncée la semaine dernière, et la publication d'un rapport par l'Association canadienne de l'immeuble affirmant que le nombre d'habitations en revente a atteint un niveau record en mai.
Les taux hypothécaires continueront d'augmenter, au moment où la priorité de la Banque du Canada est de contrôler l'inflation plutôt que de stimuler l'économie en réduisant les taux.
Selon Robert Kavcic, analyste de BMO Marchés des capitaux, on notera probablement un ralentissement du marché immobilier pour le reste de l'année, et sans doute pour la prochaine, en raison de la faiblesse de l'économie et la hausse des taux hypothécaires.
Bien que la Banque de Montréal ne s'attende pas à ce que la Banque du Canada hausse son taux préférentiel avant 2009, ce qui est à l'avantage des propriétaires dont les prêts sont reliés à ce taux, les taux hypothécaires reliés au marché des obligations sont actuellement en hausse.
L'économie canadienne ralentit depuis l'été dernier, une conséquence de la crise immobilière américaine, qui a entraîné une crise du crédit à l'échelle mondiale. La perte de confiance des consommateurs américains et la vigueur du dollar canadien ont fait mal aux secteurs automobile, forestier et immobilier, qui dépendent de l'exportation. La fermeture d'usines a provoqué la perte de milliers d'emplois, principalement au Québec et en Ontario.
Le mois dernier, on comptait 54 029 annonces de revente pour des habitations dans les principaux marchés, une augmentation de 2,2 pour cent par rapport au sommet désaisonnalisé d'avril.
Les ventes annuelles ont diminué dans 18 des 20 principaux marchés. Les ventes d'habitations au Canada ont diminué de 17 pour cent en mai, par rapport à l'année précédente, d'après des données non ajustées, et de 0,5 pour cent par rapport aux données désaisonnalisées d'avril.

© La Presse Canadienne, 2008