Faute d'accord sur l'avenir du traité de Lisbonne, les Européens se sont concentrés jeudi sur la question qui préoccupe leurs citoyens, celle de l'envolée des prix du pétrole. La proposition de Nicolas Sarkozy d'un plafonnement de la TVA sur les carburants n'a pas convaincu la majorité de ses partenaires.
La Commission a seulement accepté de mettre à l'étude l'idée française en vue d'un rapport en octobre.
Dès l'ouverture du conseil européen, Nicolas Sarkozy a remis sur la table sa proposition d'un plafonnement de la TVA sur les carburants à partir d'un certain prix.
Cette idée, rejetée début juin par les ministres européens des Finances, n'a pas convaincu la majorité de ses partenaires, à commencer par l'Allemagne, favorables à des discussions avec les pays producteurs. Les réductions ponctuelles de TVA "devraient être évitées", a dit Angela Merkel devant le Bundestag. La chancelière ne s'est pas exprimée sur la question lors du tour de table.
"Je ne serais pas d'accord pour mettre des subventions de n'importe quelle sorte", a répondu de son côté le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt.
D'autres propositions ont été mises sur la table. L'Italie suggère de taxer les profits des compagnies pétrolières, et l'Autriche, une taxe européenne sur la spéculation. Mais ces idées ne suscitent pas davantage l'enthousiasme. Or, toute décision en matière fiscale nécessite l'unanimité des Etats-membres.
Compte tenu de ce blocage, "le président de la Commission a proposé de travailler sur cette batterie de mesures, y compris la fiscalité, pour en faire rapport au mois d'octobre", a déclaré Nicolas Sarkozy. "Il ne s'agit pas de baisser la fiscalité sur le pétrole, mais si le pétrole devait continuer à augmenter, cela pose quand même le problème d'une fiscalité proportionnelle."
Globalement, "il y a une commune volonté des dirigeants européens d'avancer", a assuré le président français. "La discussion se poursuit dans un climat assez constructif."
À plus long terme, les Européens devraient insister vendredi dans la déclaration finale du sommet sur la nécessité de promouvoir l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables et la sécurité énergétique. Toutes ces mesures figurent dans le "paquet climatique" au programme de la présidence française de l'UE à partir du 1er juillet.
L'essentiel pour eux est en effet de montrer qu'ils sont en phase avec les préoccupations des citoyens, alors que le "non" irlandais au traité de Lisbonne a révélé la profondeur du fossé entre les peuples et leurs dirigeants. "Notre priorité est de répondre aux inquiétudes des citoyens européens", a déclaré le président de la Commission José Manuel Barroso.