En mai dernier, l'inflation au Canada a passé la barre des 2 pour cent pour la première fois en quatre mois, la hausse du prix de l'essence ayant fait grimper le taux annuel d'un demi-point de pourcentage à 2,2 pour cent.
Statistique Canada a précisé que cette hausse d'un demi point était sans précédent depuis le mois de septembre. L'agence a par ailleurs rappelé que la hausse de 1 pour cent enregistrée entre les mois d'avril et de mai avait été la plus forte depuis janvier 1991.
L'augmentation de mai a dépassé les prévisions économistes du secteur privé qui tablaient sur une inflation annuelle de l'ordre de 1,9 pour cent.
Ils demeurent cependant divisés sur la question de savoir si l'inflation constitue désormais un problème pour le Canada, ainsi que l'a laissé entendre la semaine dernière la Banque du Canada.
Cette dernière avait en effet surpris les marchés en mettant brutalement fin à la diminution des taux d'intérêts, malgré la mollesse de l'économie.
"Oui, la tendance inflationniste va croissant, du fait du prix de l'énergie, mais le niveau de l'inflation se situe largement dans les limites des objectifs, et toute incursion du taux d'inflation au-dessus des 3 pour cent l'an prochain ne sera que temporaire", a déclaré le directeur général de la firme Global Insight Canada.
L'économiste en chef adjoint de la banque BMO, Douglas Porter, pense cependant que rien ne permet d'affirmer que les pics d'inflation seront temporaires.
Selon M. Porter, l'inflation enregistrée en mai permet d'anticiper les prochaines décisions de Mark Carney, le gouverneur de la Banque du Canada.
"À moins que l'économie américaine se réveille vraiment, je pense que les taux à court terme ont déjà connu leur niveau le plus bas et que la prochaine étape sera une hausse des taux et non une nouvelle baisse", a-t-il expliqué.
D'après lui, une augmentation du taux de l'argent au jour le jour, actuellement de 3 pour cent, pourrait intervenir dès le mois de septembre.
Pour l'économiste de la CIBC, Krishen Rangasamy, le scénario le plus vraisemblable serait que la banque centrale fasse progressivement augmenter les taux à partir de l'an prochain, résultant en une hausse cumulative d'un point de pourcentage à la fin de 2009.
La simple perspective de taux d'intérêts plus élevés a suffit à valoriser le dollar canadien de 0,26 cent US à 98,51 cents, dans la matinée. A la mi-journée, le huard avait atteint 98,78 cents.
La semaine dernière, la Banque du Canada avait déclaré que l'inflation pourrait atteindre les 3 pour cent avant la fin de l'année si la hausse des prix du pétrole et des denrées alimentaires se poursuivait.
Sans tenir compte de l'essence, l'inflation se serait établie autour d'un modeste 1,6 pour cent, a souligné Statistique Canada.
L'inflation de base, qui ne tient pas compte de biens volatils comme les fruits frais, les légumes ou le carburant, s'est quant à elle maintenue à 1,5 pour cent.