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| Stéphane Dion |
Par Steve Rennie
Des économistes ont donné jeudi des munitions au chef libéral Stéphane Dion pour défendre son projet de taxe sur le carbone en soutenant qu'il ne risquait pas de perturber l'économie du Canada.
Le professeur de l'Université de Calgary et ancien président de l'Institut C.D. Howe, Jack Mintz, a réfuté en entrevue les critiques du Parti conservateur sur les turbulences que provoquerait le plan de Stéphane Dion.
Il estime que le projet d'une taxe sur le carbone aurait probablement un effet positif sur l'économie, en réduisant la taxation sur l'investissement et le travail et en l'augmentant sur la consommation.
"Je ne crois pas que le plan aurait un impact négatif sur la croissance", a-t-il fait valoir.
Le plan vert des libéraux propose d'imposer un prix aux émissions de carbone dans le but de faire payer les pollueurs. Ainsi, chaque tonne de carbone coûterait 10 $ à son émetteur la première année, pour grimper graduellement jusqu'à atteindre 40 $ après quatre ans.
De même, les libéraux mettraient en place une vaste réforme fiscale comprenant des réductions d'impôts, pour éviter que les citoyens écopent, puisque les pollueurs refileraient sans aucun doute la facture aux consommateurs.
"Imposer une taxe sur le carbone est une bonne manière de s'attaquer au réchauffement climatique, a soutenu l'analyste de Marché des capitaux BMO, Doug Porter. Je crois que la majorité des économistes seraient plutôt favorables au plan des libéraux."
L'économiste de la Banque Royale, Craig Wright, a confié que le plan vert des libéraux pourrait être bien accueilli par un électorat qui doit faire face depuis un bon moment déjà à une hausse fulgurante des prix de l'énergie.
Les libéraux ont indiqué que le ménage moyen utilisant le chauffage à l'huile paierait 203 $ de plus annuellement, alors que le ménage moyen chauffant sa maison avec du gaz naturel paierait 266 $ de plus.
L'économiste en chef du Conference Board of Canada, Glen Hodgson, a toutefois soutenu que le plan vert des libéraux pourrait être trop complexe pour représenter un atout électoral.
Selon le refrain récurrent des conservateurs à la Chambre des communes, le plan des libéraux est une imposante "taxe sur tout". Les libéraux ont fait valoir que leur plan était fiscalement neutre et que le vérificateur général pourrait le garantir.
"Ce ne sera jamais neutre pour chaque personne et chaque entreprise, a observé l'économiste en chef de la Banque TD, Don Drummond. Il y aura des gagnants et il y aura des perdants."

© La Presse Canadienne, 2008