Les voyageurs vont constater que les licenciements et les réductions de services se traduiront par une baisse des vols directs entre les plus petites villes du pays et une hausse des prix des voyages aériens, prédit un spécialiste de l'industrie de l'aviation.
Le transporteur régional Jazz Air (TSX:JAZ.UN) a annoncé jeudi la mise à pied de 270 de ses quelque 5000 employés tout en faisant part de son intention de réduire d'environ cinq pour cent sa capacité actuelle, plus tard cet été.
Les flottes d'appareils à turbopropulseurs Dash-8 et d'avions de transport régional à réaction des sociétés aériennes constituent une source clé de transport entre les plus petites villes du pays, assurant 860 vols quotidiens à travers le pays vers 57 destinations canadiennes et 29 destinations américaines.
"Ce que le consommateur moyen va constater (...) sont des services moins complets et une baisse de qualité des services en ce qui a trait à la taille des avions et le nombre des vols directs", a affirmé Louis Gialloreto, professeur de marketing à l'Université McGill, à Montréal, qui s'intéresse à l'industrie du transport aérien.
Certains petits aéroports, tels que ceux du nord de l'Ontario ou de petites villes des Maritimes, pourraient même être complètement privés de services, a-t-il ajouté.
"Il va aussi y avoir les tarifs aériens en hausse, qui commencent à être un gros obstacle au transport aérien dans certains parties du pays", a indiqué M. Gialloreto lors d'un entretien téléphonique.
Les prix des vols de plus courte durée sont rendus à un point tel que les gens de régions comme les Maritimes commencent à parcourir de plus longues distances en voiture, ou organisent des téléconférences, plutôt que de voyager en avion, a-t-il observé.
Jeudi, Jazz a fait savoir que ses activités seraient réduites dans la foulée de la récente décision d'Air Canada (TSX:AC.B), son principal client, de réduire sa capacité des vols intérieurs de deux pour cent et celle des vols transfrontaliers de 13 pour cent lors de la mise en oeuvre des horaires du quatrième trimestre de 2008 et du premier trimestre de 2009.
Les besoins d'Air Canada pour les services de Jazz étant en baisse, le transporteur régional a dit devoir réduire ses effectifs en conséquence.
"Nous vivons une période de grande incertitude et ne pouvons prévoir ce qu'il adviendra du prix du carburant", a affirmé Joseph Randell, président et chef de la direction de Jazz.
À la Bourse de Toronto, les parts du fonds de revenu Jazz Air ont terminé la journée à 4,97 $, en baisse de 0,26 $ ou 4,97 pour cent par rapport au taux de clôture de la veille.