Soucieux de soutenir la confiance des investisseurs en pleine érosion, le Trésor américain et la Réserve fédérale prennent des mesures de soutien aux géants du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac, menacés de s'écrouler en raison de la crise du crédit immobilier et de rumeurs sur leur santé financière.
Le plan, dévoilé dimanche quatre mois après l'aide apportée à la banque d'investissement Bear Stearns, vise à montrer que les autorités sont prêtes à prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher les troubles sur le marché du crédit comme ceux qui ont éclaté l'an dernier avec les pertes provenant des prêts hypothécaires à haut risque.
La Réserve fédérale a précisé qu'elle permettrait aux deux sociétés d'emprunter de l'argent au même taux que les banques commerciales et les grosses institutions financières de Wall Street. Le Trésor envisage quant à lui de relever sa ligne de crédit et d'investir dans ces deux piliers de l'immobilier américain si besoin était. Ces mesures nécessiteraient l'accord du Congrès.
Selon un communiqué de la Maison blanche, le président américain George W. Bush a demandé à Henry Paulson de "travailler immédiatement avec le Congrès" à l'élaboration du plan. Il a ajouté que le projet présenté par le ministre "contribuera à apporter de la stabilité".
Le plan du Trésor américain viserait également à donner un "rôle consultatif" à la Fed dans tout nouveau cadre réglementaire qui serait décidé par le Congrès pour Fannie Mae et Freddie Mac.
Fannie Mae et Freddie Mac détiennent ou garantissent 5300 milliards $ US de crédits hypothécaires immobiliers, soit environ la moitié du total aux Etats-Unis. Leur effondrement aurait des répercussions sur toute l'économie américaine et au-delà des frontières.
L'instance de régulation de la bourse américaine a par ailleurs ouvert une enquête pour éviter la propagation d'informations erronées visant à influer sur le cours de sociétés comme Fannie Mae et Freddie Mac ou la banque d'affaires Lehman Brothers Holdings.
Le président de la Securities and Exchange Commission (SEC), Christopher Cox, a expliqué samedi qu'il s'agissait de "s'assurer que les investisseurs continuent de recevoir des informations fiables et exactes au sujet des sociétés cotées en bourse".

© La Presse Canadienne, 2012