Forage de pétrole offshore : Bush bouscule le Congrès
Le 14 juillet 2008 - 16:05
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| George W. Bush |
Par Ben Feller
George W. Bush a levé lundi l'interdiction de forage pétrolier au large des côtes des États-Unis, faisant pression sur le Congrès pour qu'il donne son feu vert. Le président fait valoir la flambée des prix du pétrole alors que les démocrates et écologistes mettent en avant l'économie touristique des côtes.
Le mois dernier, le chef de la Maison-Blanche avait exhorté le Parlement à agir avant qu'il ne le fasse lui-même. Le moratoire décidé en 1981 et renouvelé chaque année par le Congrès depuis a notamment fait l'objet en 1990 d'un décret du président de l'époque, George H.W. Bush, père de George W., mais le fils estime que dans le contexte actuel l'exploitation des ressources américaines en or noir permettra de réduire la dépendance des États-Unis et de faire baisser les prix.
"La seule chose qui fasse obstacle entre les Américains et ces vastes ressources en pétrole est l'action du Congrès des États-Unis", a déclaré M. Bush dans un communiqué publié par la Maison-Blanche. "Maintenant, la balle est clairement dans le camp du Congrès. Ne pas agir serait inacceptable", a-t-il lancé.
Il estime que le forage offshore pourrait à terme produire 18 milliards de barils de pétrole, bien qu'il faille plusieurs années avant que l'exploitation commence réellement. Le président revient en outre à la charge pour réclamer l'autorisation d'exploiter le pétrole et le gaz naturel de la Réserve sauvage nationale de l'Arctique en Alaska, ainsi que du bassin de Green River au Colorado, dans l'Utah et dans le Wyoming. Il se prononce aussi pour un assouplissement des règles d'extension des capacités de raffinement.
Les législateurs démocrates, et avec eux certains républicains des États côtiers, restent opposés au forage au large des côtes Est et Ouest ainsi que dans l'est du golfe du Mexique. "C'est le genre de proposition que vous attendriez du patron d'une compagnie pétrolière, pas du président des États-Unis", a estimé la sénatrice démocrate Barbara Boxer, présidente de la commission sénatoriale de l'Environnement. "Le président franchit un nouveau pas dans le clientélisme gouvernemental et menace notre économie côtière florissante", a-t-elle ajouté.
Pour Gene Karpinski, président de la Ligue des électeurs pour la protection de l'environnement (The League of Conservation Voters), la levée du moratoire "ne permet pas d'espérer un recul des prix du carburant, et ne tient pas compte des conséquences au long terme".
A la Maison-Blanche, des responsables estiment également que le forage ne permettra pas une baisse immédiate des prix à la pompe, mais que c'est un début. La responsable de la presse Dana Perino a affirmé que "non", la seule décision du président en fin de mandat n'aboutirait pas à davantage d'exploration pétrolière.
La question divise aussi les candidats à l'élection présidentielle de novembre. Le républicain John McCain propose ainsi de permettre l'exploration pétrolière dans la zone externe du plateau continental californien, alors que le démocrate Barack Obama s'y oppose. Il privilégie pour sa part une deuxième série de mesures de stimulation de l'économie et le développement des ressources alternatives ainsi que de véhicules moins polluants et moins consommateurs de carburant.

© La Presse Canadienne, 2012

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