Alimentation Couche-Tard (ATD.B) a affiché mardi un bénéfice net de 15,5 millions $ pour son quatrième trimestre, une baisse de 53,6 pour cent par rapport à celui enregistré l'an dernier pendant la même période, ce que la chaîne de dépanneurs a attribué au ralentissement économique et à la vigueur des prix du pétrole.
"Ça a été un trimestre difficile, et aussi une année difficile", a noté le président et chef de la direction Alain Bouchard lors d'une conférence téléphonique suivant le dévoilement des résultats financiers.
La société montréalaise, qui publie ses résultats en dollars américains, a cependant affiché des revenus de 3,7 milliards $ pour le trimestre terminé le 27 avril, une hausse de près de 25 pour cent en comparaison avec l'an dernier, stimulés par les acquisitions et les prix à ses stations-service.
Mais les bénéfices ont diminué par rapport à l'an dernier, ils avaient alors atteint 33,4 millions $, en raison des plus faibles marges sur le prix de vente de l'essence à la pompe, qui a grimpé plus lentement que celui des grossistes, et des "conditions économiques défavorables dans le sud des États-Unis ", a affirmé Couche-Tard.
L'action de Couche-Tard a touché son plus faible niveau en près de cinq ans, terminant les échanges en baisse de 97 cents, soit 8,2 pour cent, à 10,83 $ à la Bourse de Toronto. En cours de séance, elle a reculé jusqu'à 10,80 $, tandis que son sommet des 52 dernières semaines est de 22,48 $.
Le bénéfice par action a reculé à 8 cents au quatrième trimestre, contre 16 cents l'an dernier.
Huit analystes sondés par la firme de recherche Thomson Financial tablaient en moyenne sur un bénéfice de 13 cents l'action.
Les marges canadiennes de Couche-Tard sur l'essence ont grimpé, mais le rythme des hausses de prix de l'essence a commencé à avoir un impact sur la demande au pays, a indiqué M. Bouchard aux analystes.
"Les consommateurs adaptent leurs habitudes au nouvel environnement de prix, mais nous commençons à voir une certaine pression."
M. Bouchard a tout de même espoir de voir sa compagnie renouer avec une croissance supérieure à 10 pour cent au cours de l'année fiscale 2009, si les coûts de l'essence se stabilisent.
"Nous n'avons pas besoin de voir le baril reculer de beaucoup. Nous avons simplement besoin d'une stabilisation. Nous pouvons vivre avec un baril à 140 $ US."
Dans ses perspectives d'avenir, le détaillant affirme toujours viser une expansion rapide, grâce à des plans de rénovation dans 350 magasins, et à l'acquisition d'entre 200 et 300 magasins. Le budget de dépenses en capital de Couche-Tard pour l'exercice 2009 est d'environ 275 millions $.
"En ces temps de défis pour notre industrie, nous nous assurerons de capitaliser sur nos nombreuses forces, entre autres notre expertise et notre bonne santé financière, afin de consolider et même renforcer notre position de leader en plus d'accroître notre réseau par des acquisitions de magasins pouvant contribuer de façon satisfaisante à nos résultats", a indiqué dans un communiqué Alain Bouchard.
Des quelque 733,2 millions $ de hausse du chiffre d'affaires par rapport à l'an dernier, 475,5 millions $ étaient attribuables à la hausse des prix de l'essence, 120,1 millions $ aux acquisitions et 89,8 millions $ à l'appréciation du dollar canadien par rapport au billet vert américain.
M. Bouchard a qualifié le trimestre de "très difficile" aux États-Unis pour Couche-Tard, qui exploite 5119 dépanneurs, dont 3272 qui vendent de l'essence, dans six provinces canadiennes et 29 États américains.
"Nous avons eu à affronter plusieurs vents contraires dont un ralentissement économique marqué dans nos divisions du sud en plus d'une marge d'essence bien en-deçà des moyennes historiques sans oublier les frais de paiements électroniques dépassant en moyenne les quatre cents par gallon ce trimestre", a noté M. Bouchard.
"Dans un tel contexte, nos équipes opérationnelles ont centré leurs efforts sur l'exécution en magasin et le maintien de nos parts de marché."