La compagnie nationale de transport maritime libyenne a annoncé jeudi sa décision de cesser ses livraisons de pétrole à la Suisse. Son patron, Ali Bilhajj Ahmed, a expliqué que cette mesure visait à répondre à l'arrestation en Suisse d'Hannibal Kadhafi, l'un des fils du dirigeant Mouammar Kadhafi.
Il a expliqué que la compagnie avait arrêté ses livraisons de pétrole à la Suisse mercredi en signe de protestation. Les livraisons suspendues représentent près de 40 pour cent du volume d'affaires de l'entreprise.
A Berne, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) n'a pas fait de commentaires. La filiale suisse de Tamoil, groupe pétrolier contrôlé par l'Etat libyen, n'a pas non plus voulu s'exprimer.
Rolf Hartl, directeur de l'Union pétrolière suisse, qui n'avait pas encore eu confirmation du boycott, a déclaré à l'AP qu'un arrêt de la livraison de pétrole brut libyen à la Suisse serait surmontable. A ses yeux, il est possible qu'il s'agisse d'une mesure de rétorsion ou d'une simple tentative d'intimidation.
Selon Rolf Hartl, il n'y aura pas de file d'attente devant les stations-service suisses. Une fois les livraisons stoppées, il faudra deux semaines pour que la raffinerie Tamoil de Collombey, en Valais, qui appartient à l'Etat libyen, soit asséchée. Le pétrole libyen, qui ne représente qu'environ 20 pour cent de la consommation finale, pourra être rapidement remplacé. Des stocks obligatoires pourront aussi être débloqués.
Par ailleurs, Jean-Philippe Jeannerat, porte-parole du DFAE, a annoncé jeudi que les deux ressortissants suisses détenus en Libye depuis samedi dernier étaient désormais formellement en état d'arrestation et inculpés. Ils sont accusés d'infraction aux dispositions d'entrée et de séjour sur le territoire.
Hannibal Kadhafi et son épouse ont été arrêtés le 15 juillet dernier dans un hôtel de luxe à Genève, puis inculpés pour lésions corporelles simples, menaces et contrainte. Deux de leurs domestiques ont porté plainte pour maltraitance. Après deux jours de détention, ils ont été libérés suite au versement d'une caution.

© La Presse Canadienne, 2008