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Nicolas Sarkozy accueille Barack Obama

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Nicolas Sarkozy accueille Barack Obama
Par Christine Ollivier

AP - "Si c'est lui" qui est élu président des États-Unis, "la France sera très heureuse", a confié Nicolas Sarkozy, cachant mal vendredi sa préférence pour Barack Obama, accueilli avec enthousiasme lors de sa brève visite à Paris.

À l'issue d'un entretien d'un peu plus d'une heure, dont 20 minutes en tête à tête, le président français et le candidat démocrate américain ont affiché leur accord sur la situation en Afghanistan, en Iran, au Proche-Orient, en Irak ou dans la lutte contre le changement climatique.

Signe de l'obamania qui a frappé la France, après l'Allemagne la veille, c'est sous les clameurs de centaines de personnes massées derrière des barrières sur les trottoirs en face du palais présidentiel que la voiture du candidat démocrate est entrée dans le palais présidentiel, où l'attendaient 200 journalistes.

Pourtant, l'équipe Obama avait visiblement décidé de faire sobre, pour cette visite dans un pays qui a connu un violent différent avec les États-Unis, autour de la guerre en Irak en 2003. Après sa conférence de presse conjointe avec Nicolas Sarkozy, le sénateur démocrate devait aussitôt s'envoler pour Londres, sa dernière étape européenne.

Barack Obama a regretté les "caricatures" des deux côtés de l'atlantique, les Européens jugeant trop souvent les Américains "unilatéralistes" et "militaristes", quand les Américains trouvent eux que les Européens "ne veulent pas se mouiller" face aux questions de sécurité. Lors de sa visite à Washington en novembre 2007, Nicolas Sarkozy "a su rompre avec ces stéréotypes, ces caricatures. Il les a fait exploser", a-t-il affirmé.

"L'Américain moyen aime le peuple français", a-t-il assuré. "Les Européens ne doivent pas sous-estimer l'intérêt que portent les Américains à l'amélioration de la relation transatlantique".

"Les Français suivent avec passion la campagne électorale aux États-Unis ", a souligné de son côté Nicolas Sarkozy. "L'aventure de Barack Obama est une aventure qui parle aux Français".

Le président français, qui a reçu à deux reprises à l'Élysée le candidat républicain John McCain, cachait mal vendredi un certain penchant pour Barack Obama. "Si c'est lui, la France sera très heureuse. Si c'est un autre, la France sera l'amie des États-Unis d'Amérique", a-t-il dit.

"Ce sont les Américains qui choisiront leur président, pas moi", mais "on a quand même le droit d'être intéressé par un candidat qui regarde l'avenir et pas le passé", s'est défendu Nicolas Sarkozy. "On a le droit d'être en accord!", a-t-il ajouté, constatant que "plus on parle, plus on trouve des points de convergence".

"L'idée d'une Amérique qui mettrait l'écoute de ses partenaires au premier rang de ses priorités (...) ne peut que nous satisfaire", a noté Nicolas Sarkozy. Et de souhaiter "bonne chance à Barack Obama".

Sur le fond, les deux hommes ont affiché leur accord sur la situation en Afghanistan, M. Obama qualifiant de "courageuse" la décision de son hôte de renforcer la présence militaire française dans ce pays.

"L'Afghanistan est une guerre que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre", a prévenu le candidat démocrate, soulignant que s'y trouvaient les "foyers autour desquels des attaques terroristes sur Paris ou New York sont organisées". "Il se joue là-bas une partie extrêmement importante", a confirmé le président français.

Barack Obama, qui vient de se rendre à Kaboul dans le cadre de sa tournée internationale et considère l'Afghanistan comme une priorité, veut un renforcement de la présence américaine en Afghanistan, mais aussi des autres pays de l'OTAN, plutôt réticents.

Il a en revanche estimé que la situation s'était "beaucoup améliorée" en Irak, ce qui devrait "permettre de retirer nos troupes à un rythme prudent et régulier".

Concernant Téhéran, "il faut que le monde envoie un message très clair à l'Iran pour qu'il mette fin à son programme nucléaire militaire", a estimé le sénateur de l'Illinois. "Il faut que l'Iran accepte les propositions" que les Européens "ont mises sur la table. N'attendez pas le prochain président américain, parce que la pression ne fera qu'augmenter", a-t-il averti.

"Si je devenais le prochain président des États-Unis, (la lutte contre le changement climatique) serait pour moi une des mes priorités", a par ailleurs assuré Barack Obama.

Globalement, "une politique étrangère américaine efficace ne se fondera pas simplement sur notre capacité à être puissants, mais aussi à écouter et à jeter les bases d'un consensus", a-t-il estimé.

Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, et Barack Obama s'étaient déjà rencontré en septembre 2006, dans le bureau du sénateur américain à Washington. "On était deux dans ce bureau. Il y en a un qui est devenu président... Ben, l'autre n'a qu'à faire la même chose", a lancé le président français, alors que l'intéressé se disait impressionné par son "énergie": "il est constamment en train de bouger! (...) Qu'est-ce qu'il mange?".

© La Presse Canadienne, 2008


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